Le théâtre
national Daniel Sorano (TNDS) est une institution
à Dakar. Inauguré le 17 juillet 1965 par Léopold
Sédar Senghor, président de la république du Sénégal
à l'époque, il propose, en ouverture de la saison
théâtrale "Lat Dior ou le chemin de l'honneur"
de Thierno Bâ, mis en scène par Alioune Oumy Diop,
avec une originalité de poids puisqu'il s'agit
de la première tragédie en wolof, langue nationale1.
Il a depuis peu à sa tête un nouveau directeur
en la personne de Ousmane Diakhaté qui, lors d'une
conférence de presse qui s'est tenue le lundi
19 octobre 1998, a exposé la situation actuelle
du théâtre et les moyens de remédier aux difficultés.
Voici quelques extraits de son discours : L'état
des finances n'est pas encourageant. Nous avons
des dizaines de millions de dettes et le matériel
scénique, la machinerie et les dépendances sont
dans un état défectueux. Remonter la pente, c'est
un défi national. Le redressement de Sorano concerne
tout le monde. Il nous faut travailler dans la
transparence. Il n'y a qu'une seule voie : travailler
dans le sérieux. Le comportement du spectateur
d'aujourd'hui n'est pas le même que celui d'il
y a vingt ans. |
Il nous
faut faire des spectacles de qualité à moindre
coût. Nous avons créé récemment un service de
marketing, de relations publiques et de sponsoring.
Par ailleurs, il nous faut une programmation.
Nous avons fait une programmation trimestrielle
car une programmation annuelle n'aurait pu être
respectée. Il faudrait pouvoir accueillir des
troupes étrangères. Il faut que Sorano soit un
centre culturel. La scène de Sorano est un théâtre
à l'italienne de type classique avec une machinerie
compliquée. Il faut compter 400 millions de francs2
pour la réfection de la machinerie. Tout le matériel
scénique doit être changé. C'est une entreprise
française qui est titulaire du marché. Les fonds
doivent être débloqués par l'Etat. L'une des choses
primordiales est de changer les fauteuils. Les
représentants d'une usine française spécialisée
dans ce domaine sont venus à Dakar et doivent
adresser un devis sous peu. Il n'est pas question
de réfectionner des fauteuils vieux de trente
ans comme le proposent des entreprises locales.
Il s'agit de les changer purement et simplement.
Les propositions locales ne sont pas satisfaisantes.
Il est nécessaire d'avoir à faire à des professionnels
|
et non à
des artisans. Un autre aspect de la modernisation
du théâtre est la climatisation. Pendant l'hivernage,
la salle est un four. Personne ne peut y rester
deux heures de temps. Cela ne sert à rien de remplacer
les fauteuils s'il n'y a pas de climatisation.
L'Etat doit allouer, pour le budget 1999, une
somme de 500 millions de francs3
pour les fauteuils et la climatisation.
Le directeur a conclu ainsi son discours : "Le
redressement de Sorano est de l'intérêt général.
Quel que soit la bonne volonté des Soraniens,
si le public ne nous appuie pas et si l'Etat se
croise les bras, nous n'irons pas loin."
Cette intervention s'est tenue après que le directeur
du théâtre ait - en compagnie du directeur de
cabinet du ministre de la Culture - fait le tour
d'une exposition intitulée "Les temps forts
du théâtre Sorano". L'exposition comprend
une dizaine de panneaux sur lesquels ont été accrochés
des photos de différents spectacles, des maquettes
de décors et de costumes et cinq ou six costumes
de scène.
Le quotidien Le Soleil avait annoncé
un "vernissage", mais nous n'avons pas
vu le moindre petit four, ni la moindre collation
; le théâtre est vraiment pauvre ! |