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La
Casamance, c’est dangereux ! Voilà ce qu’on vous dira dés votre
arrivée à l’aéroport de Dakar ! C’est aussi en gros ce que
l’on peut lire depuis plusieurs années sur les sites des ministères
des affaires étrangères occidentaux. Qu’en est-il réellement?
Contrairement à certains hôteliers locaux qui prennent le parti de
ne pas en parler et à certains livres-guides qui n’osent plus y mettre
les pieds (s’économisant ainsi par la même un peu de boulot), Senegalaisement.com
vous informe ! Et les chiffres sont éloquents : en vingt ans de revendication
indépendantiste en Casamance, pas un seul touriste n’a été
sciemment attaqué dans cette région sud du pays !!! Oui, certes,
quelques barreurs de routes ont à quelques reprises ces dix dernières
années vidé les poches de quelques occidentaux se passage. Mais
qu’est ce finalement comparé aux rues de Dakar... ou au métro Chatelet-les-Halles
à Paris !
Bref, si les morts sont innombrables (plusieurs milliers depuis 1981) de part
et d’autre, jamais un occidental n’a été directement aggressé.
Personne n’étant à l’abri d’une balle perdue, il est arrivé,
notamment début 2002, qu’une personne se retrouve avec du plomb dans l’aile
(sans savoir d’ailleurs qui des indépendantistes ou de l’armée sénégalaise
a tiré). Bref, la Casamance, dans l’état actuel des choses n’est
absolument pas hostile au tourisme et n’a jamais d’ailleurs été
aussi accueillante.
Photo en haut à droite : l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, leader
du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC). Ce religieux
originaire de Singalène (Oussouye) a maintes fois été emprisonné
dans les prisons sénégalaises.
Pourquoi donc aujourd’hui, cette réputation d’insécurité
chronique colle à la Casamance ? C’est que depuis vingt ans tout n’est
pas rose. L’image idyllique de la région a été brisée
par trois faits marquants : la «disparition» de quatre français,
l’attaque des pêcheurs du Cap Skirring par les indépendantistes et
la répression sanglante de l’armée sénégalaise qui
depuis dix ans, malgré les remontrances du FIDH et d’Amnesty International,
a détruit la plupart des villages du Sud Kassa et massacré des centaines
de civils.
D’après
la presse sénégalaise, les soit-disant «rebelles» ne
seraient plus que quelques dizaines qui n’œuvrent plus pour une quelconque idée
politique mais par pur esprit de piraterie. Quelques rares embuscades tueraient
quelques militaires sénégalais mais c’est surtout chez la population
civile qu’ils entretiendraient la peur grâce à des pillages réguliers
de petits villages forestiers et à des barrages sur les routes. La vérité
est malheureusement toute autre. La terreur, c’est le plus souvent les militaires
sénégalais qui l’entretiennent. Pour eux, tout casamançais
est un rebelle potentiel. Ils n’hésitent pas à mitrailler tout ce
qui bouge en plein milieu d’un village lorsqu’ils pensent qu’il y a un rebelle
dans la population. Les tristes exemples des villages martyrs d’Effok ou de Youtou
ou plus récemment celui des pilonnages des environs de Diouloulou début
2002 illustrent parfaitement ces graves crimes perpétrés par l’armée
sénégalaise. Lorsqu’ils bombardent un village, ils savent très
bien qu’il y a des civils à l’intérieur. Photo à droite :
Diamacoune et Sidy Badgi, chef d'Atika, les hommes de la forêt. Photo ci-dessous,
un jeune indépendantiste kabroussois du maquis.
L’esprit d’émancipation d’une grande majorité de Casamançais
est toujours présent et la plupart des Diolas sont aujourd’hui indépendantistes
même s’ils ne disent pas ouvertement, craignant des représailles
qui ne manqueraient pas d’arriver. Depuis des années, le peuple casamançais
est rabaissé par les gens du Nord qui pourtant auraient beaucoup à
apprendre. Mais lorsque la diaspora Casamançaises rentre au village pour
expliquer ce qu’est la Casamance, les Casamançais reprennent confiance.
N’est-ce pas compréhensible ? La Casamance est enclavée entre la
Gambie et la Guinée-Bissau. Le gouvernement ne fait pas grand-chose pour
que cette enclave se sente avant tout sénégalaise. Deux bateaux
inconfortables par semaine reliaient Ziguinchor à Dakar : 16 heures de
navigation ! Un catamaran hors de prix pour le modeste casamançais a été
mis en service par une compagnie privée. En juillet 2002, ces deux bateaux
n'existent plus et seul l'Omega qui est avant tout un petit navire de Fret fait
encore la liaison. Un petit effort à été fait sur le plan
routier en 1997 avec la réfection de la route Dakar-Ziguinchor mais avouons-le
, ça ne suffit pas. La Casamance est de loin la région potentiellement
la plus riche du pays : tourisme, agriculture, pêche, commerce avec la Gambie
et la Guinée-Bissau... C’est pourtant ici que
les investissement de l’État sont les moins importants. La Casamance pourrait
nourrir le pays mais les paysans ne veulent pas travailler pour rien : - les denrées
périssables (fruits, légumes, poissons...) du fait de la lenteur
et du faible nombre de transports en commun ne peuvent arriver dans de bonnes
condition à Dakar. De plus à quoi bon gagner de l’argent avec la
culture puisqu’ils ne peuvent rien acheter de plus. En effet, ils s’autosuffisent
alimentairement et tout achat de biens de consommations leur est superflu puisqu’ils
n’ont pas accès à l’électricité au téléphone
ou à l’eau courante ! De plus, le riz a un cours fixé par le gouvernement
et ce cours couvre à peine les frais de culture. Le riz importé
de Thaïlande coûte ainsi moins cher ! Les casamançais réclament
donc d’urgence de gros investissements d’infrastructure leur permettant de moderniser
leur région. C’est à ce prix que le mouvement indépendantiste
cessera d’exister. Mais ce n’est pas tout. Les différences religieuses
et ethniques sont aussi une partie du problème. Longtemps la totalité
des fonctionnaires exerçant en Casamance étaient du Nord du Sénégal.
Ces agents de l’État ne parlaient donc pas un mot de Casamançais
et de nombreuses tensions sont apparues. Comment un pauvre paysan ne parlant pas
le français ni le Wolof pouvait il expliquer au postier dakarois qu’il
voulait envoyer une lettre recommandée ? Aujourd’hui le pourcentage de
Diolas dans l’administration a augmenté mais ce n’est pas encore assez.
Durant ces années d’hégémonie wolof, les «nordiques»
ont essayé d’imposer leur langue, leur mode de vie et leur religion. Grâce
à l’argent de ces fonctionnaires de nombreuses mosquées ont vu le
jour principalement à Ziguinchor. Ces mosquées avec des haut-parleurs
réveillant tout les quartiers à 4h00 du matin ont déplu à
juste titre cette majorité catholique ou animiste casamançaise.
C’est cette situation de calme relatif ou la paix règne tant bien que mal
mais où à vrai dire une simple étincelle pourrait réveiller
la masse casamançaise méprisée par les sénégalais
du nord, qui fait de cette région le problème n°1 du pays. Pour
remettre tous ces problèmes dans un contexte chronologique, tous ces évènements
ont commencé en 1983, alors quelques gendarmes très peu futés
ont jugé bon de faire irruption dans un bois sacré durant un cérémonie
rituelle. La plupart de ces gendarmes ont été découpés
en morceaux (ce qui admettez-le est tout à fait normal...). Quelques jours
plus tard les étudiants casamançais de Ziguinchor ont manifesté
contre ces intrusions de la police dans des fêtes rituelles diolas. Durant
cette manifestation un jeune étudiant sera tué. C’est le début
des gros pépins. Un cortège formés de centaines de Diolas
armés de sagaies, de coupes-coupes et de fusils et mené par des
femmes nues se rend à la gouvernance de Ziguinchor. L’armée arrive
immédiatement et le massacre commence. 30 morts d’après le gouvernement.
Près de 400 selon la plupart des observateurs. A chacun d’accepter ses
responsabilités. Celle-ci revient à Abdou Diouf... Les derniers
massacres de 2000 à 2002 reviennent au vieux président-talibé
Abdoulaye Wade Sesse Seko.

L’histoire des quatre français «disparus» en
Casamance : Au début de l’année 1995 disparaissaient quatre
Français en Casamance. On en a beaucoup entendu parler en France et le
déroulement de l’enquête a été rapporté par
la presse française. De nombreuses hypothèses policières
ont été relayées par les médias . Voici quelques détails
sur cette histoire à dormir debout. Prévenues par la famille des
quatre disparus, les autorités diplomatiques françaises ont informé
le ministère de l’intérieur sénégalais qui a commencé
à rechercher sans grande conviction la trace des nos touristes. Après
une courte enquête, l’hôtel où ils avaient séjourné
en dernier fût retrouvé. Il s’avéra que les deux couples disparus
devaient simplement faire une excursion dans la région d’Oussouye et revenir
le soir même. Ainsi, leurs bagages étaient toujours dans leurs chambres.
Sérieusement inquiétes, les familles se rendent sur place et les
autorités consulaires et diplomatiques sont en effervescence. Les officiers
supérieurs de l’armée française présents au Sénégal
ainsi que des policiers français appuyés par la prévôté
gauloise de Dakar commencent chacun à leur niveau une enquête qui
les conduira outre la Casamance, en Guinée-Bissau et en Gambie ... Au bout
de quelques longs jours, le véhicule 4x4 loué par nos touristes
est retrouvé camouflé dans le Parc National de Basse-Casamance.
A l’intérieur, aucune trace des disparus sinon un doigt retrouvé
dans le cendrier qui s’avérera être le doigt d’une des disparues...
Tout commence à se compliquer puisqu’on ne voit pas pourquoi les indépendantistes
auraient pu enlever ou tuer quatre étrangers. Le parc pourtant recouvert
par la forêt la plus dense du pays est fouillé de fond en comble
et les casamançais questionnés et harcelés chaque jour. A
défaut de Français cette fouille aura permis de retrouver dans le
bois sacré d’Efok, village martyr de la Casamance, une clairière
recouverte de crânes révélant ainsi des rites animistes que
le pouvoir islamo-mouridique a bien évidemment condamné. Les recherches
sont alors orientées vers les villages et au mépris de toute convenance
et de toutes les traditions diolas les soldats exhument tous les cadavres fraîchement
enterrés pour y retrouver la trace d’un Blanc. Après l’espoir déçu
d’un corps retrouvé, c’est le calme plat pendant plusieurs jours. L’enquête
est ensuite orientée vers la Guinée-Bissau où les indépendantistes
se réfugient après leurs actions coup-de-poing. Mais les autorités
guinéennes malgré leur bonne volonté verbale soutiennent
plus ou moins la cause casamançaise du fait d’amitiés communautaires
et historiques et ne montrent pas de réel enthousiasme dans la recherche.
Ainsi, la fin officielle de l’enquête et sa médiatisation se terminent
sans disparus retrouvés et un doigt appartenant semble-t-il à une
française. Les casamançais sont discrets de nature et on peut comprendre
leur silence lorsqu’ils furent questionnés par la police et les militaires.
En effet, ils ne sont pas de nature à donner des informations de ce genre
à des étrangers et encore moins à des soldats. De nombreux
hommes et femmes et parfois même des gosses ont été torturés
(parfois jusqu’à la mort) et incarcérés pour le seul crime
d’appartenir à une famille, ou d’habiter un quartier supposé «rebelle».
Au bout d’un an et demi beaucoup de langues ont commencé à se délier
et on a entendu toutes sortes de chose qu’il faut considérer avec précaution.
En effet, selon des pêcheurs, la veille de la présumée disparition
un bateau de plaisance aurait accosté de nuit sur une plage déserte
légèrement au Sud de Cap Skiring et aurait débarqué
plusieurs caisses de grande taille avant de repartir... Cela a t’il un rapport
? Un rebelle arrêté récemment par la police sénégalaise
a révélé d’ailleurs en juin 1997 que les deux Françaises
seraient retenues dans un camp rebelle à la frontière casamançaise
de la Guinée-Bissau. Une d’elle aurait d’ailleurs accouché récemment
d’un enfant... Il est difficile dans toute cette affaire de différencier
le vrai du faux. Le fait est qu’aujourd’hui l’enquête est au point mort
et les militaires français servant à Dakar, les personnels diplomatiques,
administratifs et consulaires ainsi que leurs familles sont interdits de séjour
en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau.
La
page sur l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor,
leader du MFDC et homme de paix

La
page de la Jeunesse Internationale et Indépendante de Casamance (J.I.C)
: 115 Prisonniers Politiques Casamançais croupissent dans les geôles
sénégalaises. Des centaines de «disparus», parfois des
femmes âgées, souvent des gosses sont pleurés par leur famille.
L’armée Sénégalaise d’occupation de la Casamance massacre,
déporte, exile des milliers de Casamançais. Écoutez une voie
autre que celle officielle des médias bien-pensant du Sénégal.
En consultant ce site un sentiment de révolte doit naître. Triste
relent d’un Kosovo africain pour qui l’on ne fait rien. Mais les Casamançais
sont fort et auront l’avenir qu'ils méritent.
http://members.tripod.com/casamance/premiere.htm
Voir
l’article en anglais d’Amnesty International sur la Casamance
& Histoire de la Casamance
: Conquête et résistance 1850-1920 de Christian Roche. Un tableau des grands
événements qui ont marqué l'histoire de cette région du sud du Sénégal au siècle
dernier. Cet ouvrage permet de comprendre d'une part les relations entre des populations
très diverses et d'autre part leurs réactions à l'égard des Européens.

& La terreur en Casamance : le rapport d’Amnesty
International

& Trois Manifestes pour la paix en Casamance
de Jean-Marie Biagui

& De l’indépendance de la Casamance en Question
de Jean-Marie Biagui
& L’administration et le paysan en Casamance
de Dominique Darbon
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