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Interview de Luc HOUARD, directeur de Prosoleil,
la première entreprise sénégalaise
de fabrication d'appareils solaires thermiques.
Quelles
sont les utilisations du solaire au Sénégal
? Est-ce à la portée de toutes les bourses
? Est-ce une énergie d'avenir et cela fonctionne
t'il réellement ? Quelles économies en
attendre ? Autant de questions auxquelles répond
précisément pour Senegalaisement.com Luc
Houard (photo à droite) acteur depuis plusieurs
années du developpement du solaire au Sénégal
et directeur de la première entreprise de construction
d'appareils thermiques solaires en Afrique de l'Ouest.
Sen@com :
Bonjour Luc. La Sénélec déleste
tant qu’elle risque bientôt de se retrouver
dans l’espace. L’énergie solaire
permet-elle de s’affranchir à 100% de la
dépendance vis-à-vis de la Sénélec
?
LH : Oui dans la théorie, mais dans la
pratique cela reste bien souvent irréalisable
que ce soit pour une structure hôtelière,
industrielle, commerciale ou pour le simple privé.
Il faudrait pour cela investir des sommes d’argent
considérables.
Sen@com : L’énergie
solaire est-elle une solution de brousse ou les urbains
ont-ils également intérêt à
y réfléchir ?
LH : Tout d’abord l’énergie
solaire doit être divisée en deux grandes
catégories : le solaire thermique et le
solaire photovoltaïque
Le solaire thermique est constitué :
- Des chauffes-eau solaires sanitaires, des réchauffeurs
de piscine, et de différents réchauffeurs
industriels ou semi-industriels.
- Des climatiseurs et autres appareils faisant de l’air
froid.
- Des réfrigérateurs et chambres froides.
Le solaire
thermique est très économique
au point de vue rendement : sur un 1m² de surface
pris au niveau du sol terrestre on devrait pouvoir récupérer
environ 1000W d’énergie. Mais ce serait
sans compter les pertes dues au rendement négatif
des appareils de récupération de cette
même énergie.
Le solaire thermique peut récupérer dans
certains cas environ 900 W soit un rendement de 90%.
Dans la plupart des cas le rendement moyen tourne environ
à 65% soit donc 650 W .
En règle générale, particulièrement
en Afrique, il est plus aisé de faire du chaud
que de faire du froid, toutefois cela reste réalisable
à des prix, certes un peu élevés,
mais avec des appareils à durée de vie
très longue sans panne ni entretien. Certains
réfrigérateurs solaires thermiques (je
précise thermique car on peut trouver sous l’appellation
"réfrigérateur solaire" des
appareils électriques à faible consommation
bien adaptés à l’énergie
solaire électrique dite communément photovoltaïque)
fonctionnent depuis plus de 20 ans sans aucune panne.
Le solaire thermique reste par rapport à son
cousin le solaire électrique moins onéreux,
particulièrement au niveau des chauffes-eau solaires
sanitaires.
La
deuxième grande branche du solaire est le solaire
électrique « le générateur
photovoltaïque » communément dénommé
module solaire ou panneau solaire ou solaire électrique.
Ces appareillages ont de très mauvais rendements.
Toujours en partant d’1m² au sol et donc
de 1000W apportés par notre astre préféré
et indispensable, le photovoltaïque ne récupère
en moyenne que 15 % de l’énergie soit 150
W (en laboratoire certains appareils vont un peu plus
loin avec un rendement de l’ordre de 25%)
Ce type d’appareil est le plus
connu en Afrique et également le plus demandé
mais aussi le plus cher et le plus fragile. Il est constitué
du panneau solaire, la base du système, d’un
régulateur de charge, indispensable pour le bon
fonctionnement de l’installation, et le plus souvent
de batteries dites "accumulateurs électriques"
et selon le besoin du client d’un onduleur pour
remonter le 12 V en 230 V et passer d’un système
courant continu (12V ou 24V) en courant alternatif (le
plus souvent 230V).
Dans cette branche nous pouvons trouver :
- Le pompage solaire : une pompe fonctionnant en 12
ou 230 volts alimentée par des panneaux solaires
avec ou sans batteries électriques.
- L’électrification d’appareils ménagers,
industriels ou commerciaux, le froid, le luminaire ou
l'outillage électrique. Par contre on ne cherche
pas à réchauffer de l’eau avec ce
type d’installation : cela serait très
peu économique.
Pour revenir
à la question du départ, le solaire thermique
est financièrement parlant rentable dans les
villes, le solaire électrique ne l’est
pas face au prix du KW/h de la Sénélec.
Par contre si le client de la Sénélec
est obligé, suite à des coupures ou délestage,
pour continuer à travailler ou vivre décemment,
d’utiliser un groupe électrogène,
face à ce dernier le photovoltaïque est
rentable sur de longues périodes.
Sen@com :
La tension de sortie de 12v en continu ne permet à
priori pas d’utiliser le solaire avec des appareils
classiques conçus pour du 220v en alternatif.
Concrètement, que faut-il prévoir comme
appareils compatibles pour utiliser le solaire au Sénégal
?
LH : L’appareil nécessaire pour
passer du 12 V ou 24 V du continu en 230 V alternatif
est un onduleur.
Il transforme le courant continu en courant alternatif.
Il doit être de bonne qualité particulièrement
en cas d’utilisation d’appareils électroniques.
Il doit sortir un voltage régulier et surtout
une fréquence régulière de 50Hz.
Il doit être économe car il
consomme lui même de l’énergie.
Beaucoup d’onduleurs sur le marché ont
des rendements tellement faibles qu’il serait
parfois nécessaire d’augmenter le nombre
de modules photovoltaïques juste pour compenser
ces pertes ! Ces appareils ont une tendance à
monter en température et donc à évacuer
de l’énergie non pas en électricité
mais thermiquement (ne pensez tout de même pas
que l’on peut en profiter pour faire cuire le
thieb sur l’onduleur l’idée serait
amusante mais…).
Sen@com :
Un foyer moyen sénégalais, ou un petit
hôtel en ville ou en brousse, équipé
de quelques ampoules basse-consommation, d’un
téléviseur et d’un frigo peut-il
sérieusement envisager un passage au solaire
ou cela ne concerne t’il que les foyers qui n'utilisent
l’électricité que comme source de
lumière ?
LH : Oui tout a fait, en restant
raisonnable dans sa consommation d’énergie,
un petit hôtel, voir même un grand hôtel
peut utiliser du photovoltaïque et
ceci en faisant de grandes économies face à
un groupe électrogène. Ces
groupes coûtent cher à l’achat. Ils
ont également besoin d’un entretien régulier.
Ils sont bruyants et consomment du carburant. Certains
hôtels ont des groupes de récupération
complètement disproportionnés en puissance
ou en dessous de leurs besoins réels ce qui détériore
rapidement l’appareil et provoque une consommation
de carburant considérable. De
toute façon le photovoltaïque est très
économique face à un groupe électrogène.
Le seul problème c’est que l’investissement
de départ est souvent plus élevé
même si le retour sur investissement peut être
très rapide (moins de
2 ans).
Sen@com
: On sait que le courant fourni au Sénégal
abîme les matériels électriques
et électroniques du fait de fréquentes
surtensions constatées sur le réseau.
Concernant le matériel informatique, son utilisation
dans de bonnes conditions de sécurité
nécessite un onduleur. L’énergie
solaire permet-elle de palier à ce type d’investissement
? Les matériels alimentés par l’énergie
solaire ont-ils ainsi une plus grande durée de
vie ?
LH : Oui
l’utilisation de l’énergie solaire
augmente considérablement la durée de
vie de tous les appareils d’énergie particulièrement
les appareils utilisant de l’électronique.
C'est le cas de la plupart des appareils électriques
de nos jours. Les lampes économiques utilisent
également de l’électronique et c’est
entre autres pour cela que leur durée de vie
au Sénégal est très courte. Pour
une lampe économique de bonne marque et de bonne
fabrication venant d’Europe, la durée de
vie garantie constructeur est de 5 à 8 ans. Sa
durée durée de vie au Sénégal
n'excède pas quelques mois. Quand
on voit le prix de ces ampoules économiques,
cela fait un peu mal au porte-monnaie.
Photo à droite : l'équipe
de ProSoleil au Sénégal
Sen@com :
Les Sénégalais ont pu voir il y a déjà
quelques années des expériences de solaire
à droite à gauche. C’est par exemple
le cas de certains villages du Niokolo Koba où
l’éclairage public par plaques solaires
a été financé par l’UNESCO
il y a 8 ans. Tous ces éclairages publics sont
très rapidement tombés en panne pour une
raison inconnue des populations qui en outre ne maîtrisent
pas assez cette technologie pour se lancer le bricolage.
La durée de vie des plaques solaires et des batteries
associées s’est-elle aujourd’hui
améliorée ? En plus des plaques solaires
qui ne constituent qu’une partie de l’investissement,
le changement régulier des batteries ne constitue
t’il pas un frein au solaire ?
LH : Le matériel solaire
électrique, s'il est
bien proportionné et bien posé,
ne doit pas poser de problème. Je ne connais
pas le cas de ce village dans le Niokolo Koba. Je pense
qu’une installation bien montée peut avoir
une durée de vie très longue. Les accumulateurs
électriques (les batteries) sont les organes
les plus vulnérables de l’installation.
Si le montage a été fait par un professionnel
en la matière (et non pas par un simple électricien
bâtiment qui n’a pas toujours suffisamment
la connaissance du solaire) l’installation durera
de nombreuses années.
Une installation mal proportionnée peut également
très vite tomber en panne. Le geste et la connaissance
du professionnel reste une garantie de longévité
de l’installation. L’information donnée
à l’utilisateur est également une
source de longévité du système
: l’utilisateur fait
partie intégrante du système solaire.
Sen@com :
Raisonnablement, un foyer sénégalais ou
un campement de brousse doit prévoir de renouveler
les batteries à quelle échéance
?
LH : La durée de vie
d’une batterie est très variable. On
parle d’ailleurs de cycles de charge décharge
plutôt que d’années. La
qualité de la batterie est à prendre en
ligne de compte : la simple batterie de véhicule
aura une durée de vie de moins d’une année
si on l’utilise pour du solaire. Le pourcentage
de décharge de la batterie est également
très important : une batterie déchargée
entre 10 et 20 % par cycle durera beaucoup plus longtemps
que les mêmes batteries déchargées
à 80 %. D’où
l’importance que l’installation soit bien
proportionnée. Une très bonne
batterie solaire peut durer jusqu'à 20 ans mais
elle coûte très cher. Elle est économique
à l'usage mais l’investissement est lourd.
Trop lourd pour la plupart des particuliers au Sénégal.
On peut dire qu’une
batterie moyenne va durer de 5 à 7 ans si elle
est bien entretenue.
Sen@com :
Par rapport à l’augmentation régulière
du prix des abonnements, de la consommation et du raccordement
au réseau de la Sénélec, l’énergie
solaire constitue t’il une économie réelle
sur le long terme ou cela reste t’il encore aujourd’hui
un acte militant ? La facture moyenne de la famille
sénégalaise urbaine avec un frigo, quelques
lampes et une télé tourne autour de 180.000CFA
par an soit près d’un million sur 5 ans.
Le solaire peut-il proposer mieux ?
LH : Malheureusement non, le
solaire reste cher face à la Sénélec.
Les économies peuvent venir du solaire
thermique qui peut lui être rentabilisé,
pour une famille moyenne sénégalaise,
dans l’année
face à un chauffe eau électrique.
Sen@com
: Les systèmes de chauffes-eau commencent à
peine à rentrer dans les habitudes des Sénégalais.
On voit se développer, comme en Asie, des systèmes
de chauffes-eau en continu avec résistance. Ils
sont très peu chers en termes d’investissement,
mais consomment beaucoup de courant. Quel peut-être
l’apport du solaire dans le réchauffement
de l’eau ?
LH : Très important
! Si on supprimait les chauffes-eau
électriques pour les remplacer par des chauffes-eau
solaires, je ne dis pas que l’on réglerait
le problème de la Sénélec mais
on limiterait les dégâts considérablement.
Les chauffes-eau électriques sont de gros consommateurs
d’énergie.
Sen@com : Le prix des équipements
solaires est-il appelé à baisser ces prochaines
années ?
LH : Pour le solaire thermique
son prix arrive à un palier incompressible. Il
faudrait pouvoir fabriquer dix fois plus ou bien être
subventionné pour descendre les prix de façon
significative. Si les prix continuaient à descendre
la qualité du matériel s’en ressentirait.
Pour le photovoltaïque, je pense que les prix vont
baisser considérablement dans les dix ans à
venir. Pour l’instant à court terme les
prix vont rester stables. La production augmente et
pourrait donc faire baisser les prix mais la restructuration
des unités de fabrications et les lourds investissements
risquent de stabiliser les prix pendant quelques temps.
Sen@com : Le solaire a-t-il
vraiment un avenir ?
LH : Oui bien sur, le monde
tourne trop mal en ce moment pour continuer longtemps
comme aujourd’hui. Ne rien faire serait couper
la branche où nos enfants sont assis. Le solaire
ce n’est pas seulement des économies :
c’est aussi la sauvegarde de la nature. Les états
doivent prendre en considération le solaire et
les autres énergies renouvelables. Certains états
d’Afrique ont apporté leur aide au secteur
privé et universitaire pour promouvoir les énergies
renouvelables. Peut-être un jour trouverons-nous
d’autres moyens écologiques pour fabriquer
de l’énergie. Pour l’instant nous
n’avons rien d’autre que les énergies
solaires et renouvelables à notre disposition.
Au Sénégal le solaire photovoltaïque
est un produit cher mais à la portée de
nombreuses bourses de foyers qui désirent avoir
le confort face aux nombreux
délestages et coupures .
Sen@com :
Le marché va-t-il voir plus d’équipements
à faible consommation ou d’équipements
à faible tension compatibles avec le couple photovoltaïque
+ batterie ?
LH : Ceci est un point très important
pour moi et pour les véritables acteurs des énergies
douces. Quand je rencontre un client, le premier message
que lui fais passer est basé sur les économies
d’énergie qu’il devra réaliser.
Ma première question est toujours « que
pouvez vous déjà faire pour économiser
de l’énergie ? ». La question étonne
parfois mais les personnes comprennent très vite
son utilité quand je commence à annoncer
les prix d’une installation et du matériel.
Au niveau international les fabricants oeuvrent considérablement
sur le sujet des économies d’énergie,
pas uniquement d’ailleurs que pour le solaire.
Les classes dans l’électroménager
A+ et A++ font de ces appareils des produits adaptés
au solaire. Chose étonnante d’ailleurs,
ces produits ne sont pas beaucoup plus onéreux
que les produits de classe inférieure.
Photo à gauche : installation de chauffes-eau
solaire dans un dispensaire par Prosoleil
Au Sénégal, pays de la récupération
et de la débrouille, les appareils recyclés
plusieurs fois ne sont ni écologiques ni économiques
au point de vue énergétique. Plus un appareil
a été réparé et plus, bien
souvent, il devient un gouffre énergétique.
Malheureusement de nombreux foyers ne peuvent pas faire
autrement faute de moyens. Les produits asiatiques,
bien souvent hors normes écologiques et énergétiques,
ne favorisent pas non plus les économies d'énergies.
Pour la fin de la question sur les tensions d’utilisation
il faut savoir qu’il n’est souvent pas souhaitable
de faire travailler les appareils en basse tension car
les chutes de tension augmentent considérablement
avec la longueur des câbles électriques.
« C’est la faute à U = R x I »
. C’est pour cette raison que le transport d’énergie
dans le monde entier se fait avec des voltages de plus
en plus élevés, ce que l’on appelle
la haute tension. Concrètement il faudrait, si
on utilisait du 12 V, des sections de câbles beaucoup
plus importantes.
Sen@com : ProSoleil est installée
au Sénégal depuis quand ?
LH : Prosoleil est une entreprise
récente : nous sommes installés au Sénégal
depuis 3 ans et nous sommes encore dans une phase de
développement. Nous sommes les seuls fabricants
de chauffes-eau solaires au Sénégal et
en l’Afrique de l’ouest.
Je suis actionnaire unique de mon entreprise,
ce qui n’est pas toujours facile, car une entreprise
comme la mienne demande beaucoup de présence
pour fonctionner correctement. D’ailleurs
je tiens à profiter de cette interview pour signaler
que je suis à la recherche d’un associé.
Sen@com : Quels sont les
principaux types de clients de ProSoleil ? Entreprises,
particuliers ?
LH : Particuliers, hôtels, campements...
Sen@com :
Leurs motivations principales sont-elles d’ordre
financier (économie d’énergie),
écologique ou tout simplement sont-ce des clients
perdus dans la brousse et qui n’ont d’autre
choix que le solaire ?
LH : Les motivations sont en
premier lieu d’ordre économique. Vient
très vite ensuite une motivation écologique,
particulièrement pour les Européens qui
s’installent au Sénégal ou bien
les hôtels travaillant beaucoup pour ceux-ci.
Les hôtels qui installent de l’énergie
solaire le font aussi pour l’impact commercial
sur la clientèle qui apprécie cet effort.
La clientèle est autant en brousse qu'en ville
vu les nombreuses coupures de courant.
Sen@com : Quelle sont les
prestations proposées par ProSoleil ?
LH : Nous fabriquons, positionnons
et installons des chauffes-eau solaires de type monoblocs.
Ces chauffes-eau sont particulièrement bien adaptés
aux pays chauds contrairement au matériel venant
d’Europe ou même d’Asie.
Le chauffe-eau
solaire Prosoleil est le moins cher sur le marché
au Sénégal.
Notre argumentaire de vente pour les chauffes-eau solaires
Prosoleil est le suivant :
- Utilisations possibles : douches ; bains ; cuisine,
machine à laver le linge.
- Il ne nécessite que peu d’entretien :
un lavage de la vitre une fois par semaine.
- Un réchauffage de l’eau très rapide,
fonctionne même par temps légèrement
nuageux.
- L’unité de fabrication, qui se trouve
au Sénégal, est gérée par
un technicien européen.
- Le chauffe-eau solaire Prosoleil est entièrement
démontable et nous assurons le service après
vente.
- Son coffre est étanche, il ne craint pas la
corrosion même très près de la mer.
- Il est facilement transportable en cas de déménagement.
- Son installation est rapide et peut être effectuée
par un plombier.
- Il est garanti 3 ans par le constructeur.
- Nous faisons des études d’économie
d’énergie pour les hôtels ; les petites
entreprises et les particuliers.
- Nous faisons des études d’installation
solaire et nous installons du photovoltaïque.
Sen@com : D’autres opérateurs
de solaire exercent-il une activité au Sénégal
?
LH : Il existe pas mal de petits
installateurs pour le photovoltaïque. Quelques
grossistes. Aucun fabricant de chauffes-eau solaires
mais un certain nombre de revendeurs de matériel
européen.
Sen@com : La Sénélec
est-elle engagée elle-aussi dans différentes
recherches d’énergie renouvelable ?
LH : A ma connaissance non, il faudrait leur
poser la question.
Sen@com : Les Sénégalais
sont-ils sensibilisés au réchauffement
climatique ?
LH : Pas du tout, c'est ce
qui me désole. J’ai même beaucoup
de mal a inculquer ces idées à mes ouvriers.
C’est un travail qui demande du temps, de la persévérance
et également des efforts de la part des politiques
et des médias. En ont-ils envie ?
Sen@com :
Un mot pour finir ?
LH : Il aura fallu plusieurs décennies
aux pays occidentaux pour prendre conscience de l’importance
de la protection de notre environnement.
Les pays pauvres ou en voie de développement
n’ont pas toujours les moyens financiers ou la
conscience écologique d’investir dans le
secteur des énergies durables. Pourtant c’est
bien souvent eux qui pourraient en tirer le plus d’avantages
économiques.
Au Sénégal l’investissement sur
le long terme n’est pas dans les habitudes. On
le voit bien par rapport à la Sénélec
qui n’a pas su prendre le bon virage qui lui aurait
permis d’assurer au pays de réelles économies
et d'assumer pleinement son rôle de fournisseur
d’énergie.
Dans le secteur privé, l’investissement
sur le moyen terme fait peur. Les entreprises privées
au Sénégal sont conscientes de la nécessité
d’investir dans les énergies durables mais
les investissements sont systématiquement reportés
au lendemain quand revient le courant...
De toute façon, même si
une politique énergétique sérieuse
était mise en place rapidement, il faudrait attendre
au moins 4 ans pour en voir les bienfaits sur la vie
de tous les jours.
Ceci est vrai pour le solaire photovoltaïque car
le retour sur investissement est assez long, ce qui
est totalement différent du solaire thermique
qui lui peut avoir un retour sur investissement dès
la première année pour une famille sénégalaise
moyenne. Le problème est la méconnaissance
et le manque de promotion de ce type d’appareil.
Il faut aussi que les installateurs
soient performants et bien formés afin de proposer
des solutions adaptées à la future clientèle.
Il m’arrive, encore trop souvent, de proposer
du solaire thermique ou photovoltaïque à
des clients potentiels et de m’entendre dire «
cela ne m’intéresse pas : il y a trop
de problèmes avec le solaire ça ne marche
pas bien ».
Les mauvais installateurs, pas trop scrupuleux, ont
fait beaucoup de mal au marché du solaire.
Il faudrait également que l’état
fasse un effort de façon à moins taxer
le matériel solaire et les produits rentrant
dans sa fabrication. Je reste néanmoins confiant
dans l’avenir du solaire au Sénégal,
je pense également que la conscience écologique
des citoyens va se développer.
Interview réalisée le
20 mai 2007 à Saint-Louis.
| Données
complèmentaires : le Sénégal
totalise en moyenne 3000 heures d'ensoleillement
par an soit un peu plus qu'à Marseille
(2700 heures) et beaucoup plus que le reste de
la France (2000 heures pour Toulouse, 1700 heures
par an à Paris).
Société
Prosoleil (NINEA:23172472K2)
Mr Luc Houard (Directeur de Prosoleil)
207 rue Repentigny
BP 950 Saint-Louis Sud - SENEGAL
Tél : +221 961 86 56 ou +221 658 52 09
Email : prosoleil@yahoo.fr
Prosoleil.com
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| Vos contributions et commentaires sur le
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bonjour,
Nous sommes aussi une grande entreprise spécialisé dans l'energie renouvelable (eclairage solaire, chauffe eau solaire, chauffe eau piscine, climatisation solaire;....) et pour plus de détail; merci de consulter notre site: www.ansarentreprise.kingeshop.com ou nous contacter par tél: 00 221 773288730.
cordialement
anouar ELAIRAQI |
c'est vraiment désolant de voir ce mr nous dire d'acheter chez semis boite appartenant à un senegalais au lieu du francais qui parait-il viendrait nous exploiter .
ce francais a le droit de s'installer et proposer , seuls leurs capacites techniques (savoir faire et prix ) feront le reste |
j'aimerai savoir si vous prenez des apprentis que vous formez.
Merci |
je francais d'origine sénégalaise ;je suis technicien en chauffage et je me suis investi beaucoup sur le solaire pour mon pays d'otigine .Si je peux vous rencontrer ou discuter pour l'avenir .Très important je vous remercie. |
pourquoi choisir SEMIS QU'on connait pas je prefere prosoleil qui a fait son interview les autres senegalais n'on qu'a se manifeste |
Bonjour,
Je viens en amont répondre plus précisement à ce mail.
ECOSUN SOLUTIONS est une société d'energie solaire qui existe depuis 3ans exactement ,nous sommes à Dakar principalement sur la Route des Almadies Ngor.
Nous sommes aussi spécialisés dans le chauffage solaire et le pholtovoltaiques.
Nous avons eu à installer dans presque toutes les régions du Sénégal(Hotels, Résidences,Campements, Villa )et au niveau de l'Afrique :Togo,Mali,Caméroun ect...
Nos Contacts: Fixe :820 07 07,Mobile : 562 83 10,Fax:820 02 11 , Email:barry@ecosunsolutions.com
Pour toute autre information et devis sur les produits ,Merci de nous contacter!
Cordialement |
les fours solaires ne sont pas du tout évoqués, c'est pourtant un équipement adapté aux pratiques locales, cuisine en extérieure, mijotages de longues durées, etc |
J'ai contacté cette société par mail et j'attends mon devis depuis le mois de juin 2007.
Je compte construire un cybercafé fonctionnant entièrement à l'énergie solaire (avec adjonction de batteries). Je ne désespère pas ... j'attends ...
Peut-être la que la société est en vacances...
Ceci-dit, ça fait des années qu'il existe des sociétés qui vendent du panneau solaire au Sénégal.
Le problème du solaire : les batteries, non pas l'autonomie mais plutôt la tenue dans le temps.
Que propose Prosoleil de plus que les autres sociétés ? des batteries de meilleures qualités ? |
Je suis un emigré sénégalais vivant en Italie.Je souhaiterai avoir un devis pour l'electrification de ma maison en Casamance au niveau de laquelle je voudrrai utiliser:Un congelateur,Un televiseur 52cm,10 Lampes témoins. URGENT (S V P) Merci |
C'est dommace que l'interviewer de cet article n'est pas aller plus loin c'est a dire de demandé ce Mr. les prix, le servie du fabriquat,le coup de leur deplacement pour chez leurs clients ect..Car leurs adresse se trouve á st louis donc forcement il aura des coups de deplacement pour aller á dakar px. |
Et si on dépassait les clivages "Celui-ci est français - celui-là est sénégalais" pour rechercher ensemble les meilleures solutions ? A l'heure où l'Etat va construire une centrale qui fonctionnera à base de charbon chinois, y a encore du boulôt, non ? |
Ce serait génial que le Sénégal et les pays dits "émergeants" donnent une leçon au reste du monde, prise de conscience de l'urgence environnementale et actions immédiates, généralisées, ambitieuses. |
Pourquoi choisir un francais et son prosoleil alors qu'il ya SEMIS appartenant a un senegalais du nom de Bocar Sy. c'est de ca dont on a besoin et pas de gens qui nous exploitent.
thank you very much. |
Enfin un article qui parle du solaire! Cela tombe bien car je compte équiper ma maison avec ce type d'énergie. Je suis frappée que dans un pays autant ensoleillé ce type d'énergie ne soit pas davantage utilisé et à des prix compétitifs... que font les ONG pour donner un coup de pouce ? |
Enfin une prise de conscience!Il ne faut pas gaspiller l'énergie et continuer à polluer la planète. Dès que je retournerai au Sénégal courant octobre je contacterai cette entreprise pour aider des amis sénégalais à améliorer leurs habitations. |
je suis tout a fait favorable à ce type de démarche car il faut adapter les modèles de développment, je ferai de sorte que tous les gens que je connaisse qui construisent de prendre conscience de la richesse qu' est le solaire pour des pays qui ont du soleil 9 mois sur 12. |
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