Bulletin N°58
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SOMMAIRE : >> Edito : Can et tourisme... >> Senegalaisement INTERACTIF : La météo (Diourbel),
photos et petites annonces. >> Site internet "Sénégal" du jour
: Club de plongée Nautilus à Dakar >> Hôtel du jour : Hôtel Océanic
à Dakar >> La revue de presse sénégalaise de la semaine. Du
plus drôle au plus anecdotique :
- Casamance : B. Manga tué par les rebelles
- Yaya trouve du pétrole sur une disquette
- 1,7 milliards pour faire rouler les préfets
- Le charlatan et la naine célibataire
- Un belge pour 6 ans de prison
- Cap Skirring : le port de Diembereng à sac
EXPO : "LA NUIT DES BRAVES",
est une série d'images noir & blanc réalisée
dans le village de Tendouk (Casamance/Sénégal) pendant
les préparatifs liés à l'initiation des futurs
hommes du village. Cette cérémonie n'avait pas eu
lieu depuis vingt ans. Ces images sont un défi à
la modernité. Elles témoignent de la volonté
des Hommes, à perpétuer les actes sacrés
qui scellent une communion humaine, chaque jour davantage fragilisée
par la modernité.
A La Maison de Gardanne Route Blanche, quartier le Pesquier sud
13120 Gardanne 04.42.65.73.60
du 26 janvier au 10 mars 2004 de 10h à 18H
Oufs ! Les Sénégalais ont été illiminés
prématurement de la Coupe d'Afrique des Nations. C'est heureux
puisque certains joueurs commençait à nous fatiguer. Un
El Hadj Diouf, petite vermine écervelée, a été
aperçu dernièrement jetant des billets par une terrasse
du restaurant-casino dakarois "Le Café de Rome" en
direction de quelques fans misérables en guenilles pensant seulement
apercevoir leur idole et rencontrant finalement un abruti les gratifiant
de quelques billets avec condescendance... Prochaine étape :
le Mondial...
Le tourisme aurait globalement baissé de 35% au Sénégal.
C'est également heureux... pour les touristes ! Les prix sont
devenus tels qu'un séjour au Sénégal va bientôt
coûter plus cher qu'un séjour à Tahiti. Selon les
chiffres de l'OMT, la moyenne des prix d'une nuitée au Sénégal
sont 290% plus chers qu'une nuitée en Turquie, 210% plus chers
qu'une nuitée au Maroc, 320% qu'une nuitée au Maroc....
A titre indicatif, le prix moyen de la nuitée à Dakar
(en incluant dans le calcul tous les hôtels de la presqu'île
y compris les crados) est à 59€. Qui encore peut trouver
ça normal alors même que certaines capitales européennes
n'en sont pas arrivées à cette moyenne de prix ? Par quoi
peuvent être justifiés de tels tarifs ? Au lieu de mettre
en cause une TVA inique, la communauté des hôteliers du
Sénégal devrait d'abord réfléchir à
leur politique tarifaire car ce n'est pas d'une baisse de 5% dont le
marché à besoin. Il est clair que toujours les véritables
amoureux du Sénégal continueront de venir. Mais aujourd'hui,
pour ceux qui ont un choix de soleil à faire, le Sénégal
ne sera plus leur destination favorite. Tant mieux pour les indéfectibles
qui auront un peu de paix, tant pis pour les dizaines de milliers de
familles qui vivent du tourisme. Comment s'étonner après
de la proportion toujours croissante de voyageurs qui à raison
choisissent la formule de la location ou mieux du séjour en famille
? Aujourd'hui, les hôtels offrants des prestations à la
hauteur des tarifs qu'ils offrent et en rapport avec le coût de
leur investissement sont pleins... Où qu'ils soient. Le secret
n'était pas dur à dévoiler. NB : 60% des infos
et tarifs sur les hôtels du Sénégal ont été
mis à jour en février.
Les pages chasse de J.J Rasquain : infos et hôtels.
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A très bientôt ! Et n'hésitez pas à participer au prochain bulletin.
PROVERBE SENEGALAIS DU JOUR
Ku
mugn muugn
La persevérance est toujours payante
Presqu’île volcanique
la plus à l’ouest de l’Afrique, DAKAR bénéficie
d’une situation exceptionnelle sur le vaste plateau continental
océanique. Cette situation exceptionnelle offre des plongées
d’une incroyable diversité qui regorgent d’une
quantité étonnante de poissons. La faune allie espèces
tropicales et méditerranéennes qui peuplent des fonds
foisonnant de gorgones qui mélangent leurs couleurs au paysage.
De mi-mai à mi-décembre, les courants chauds tropicaux
sont la garantie d’une température agréable
(de 21 à 28°) et d’une bonne visibilité
(de 10 à 25 mètres). En dehors de cette période,
la température chute jusqu’à 14° et les
conditions de visibilité peuvent descendre en quelques heures
à moins de 4 mètres. Conditions réservées
à des plongeurs confirmés et avertis. Nous proposons
tous les jours des plongées exploration, baptême (à
partir de 8 ans), formation (à partir de 10 ans), remise
à niveau. De juin à septembre, nous organisons des
plongées de nuit sur des sites adaptés à votre
niveau. Il est impératif de vous munir de votre carte de
plongeur, carnet de plongée et certificat médical
de moins d’un an.www.nautilus-dakar.com
On sait qu'il est difficile à
Dakar de trouver un hôtel qui soit à la fois convivial,
bien placé et qui qui pratique des tarifs à la fois
modérés et constants. L'Hôtel Océanic
fait donc partie de ces bonnes adresses à réserver
pour votre séjour dans la capitale. Il est situé
à deux pas du marché Kermel et de la place de l'indépendance
où l'accès vers le port et la gare est aisé.
Ambiance agréable sur les balcons et dans le patio. L'Océanic
est donc l'un des rares hôtels toujours dédié
au tourisme dans la capitale. Chambres climatisées à
partir de 17.600CFA en single et 21.000CFA en double (27et 32€
taxes incluses).Site internet avec photos et vidéos : www.hoteloceanicdakar.com
LA REVUE DE
PRESSE DE LA SEMAINE
Du plus drôle au plus anecdotique
>>>>
Casamance : Bouba Manga tué par les bandes armées.
Recrudescence de la violence en Casamance : Un homme tué
dans une attaque. Alors que des signes de paix se dessinent sur
le plan politique-militaire, des agressions armées continuent
de faire des victimes en Casamance. La dernière, la veille
de la Tabaski, a coûté la vie à un paisible
citoyen. Les bandes armées font de nouveau parler d’elles
dans la région de Kolda. Des assaillants armés ont
en effet ouvert le feu samedi sur des villageois qui circulaient
à bord d’une charrette chargée de marchandises.
L’attaque a fait trois victimes, parmi lesquels un mort, un
blessé léger, et un autre dont le traumatisme est
important. Elle s’est produite le 31 janvier dernier, donc
la veille de la fête de la Tabaski, près de Djifangor,
une localité située non loin de la frontière
avec la Gambie, dans l’arrondissement de Bounkiling, au nord
du département de Sédhiou. La personne décédée
a pour nom Bouba Manga, alors que les deux blessés se nomment
Habib Bodian et Idrissa Badji. Ce dernier a même été
violemment tabassé par les assaillants. La victime, Bouba
Manga, a reçu une balle qui l’a tué sur le coup.
Les trois hommes avaient été surpris par les assaillants
alors qu’ils circulaient tranquillement sur la route menant
à Djifangor, souligne une source bien informée. Une
fois mis au courant de l’attaque, les soldats du cantonnement
militaire de Madina Wandifa se sont immédiatement rendus
sur les lieux pour porter secours aux victimes. Ces dernières
ont été évacuées d’urgence au
poste de santé de Bounkiling pour recevoir des soins. Le
corps du mort a été rendu quant à lui à
ses proches pour procéder à l’inhumation. Les
assaillants, dont le nombre n’a pas été précisé,
s’étaient déjà volatilisés dans
la nature, en emportant avec eux une marchandise dont on ignore
encore la valeur. A noter, par ailleurs, que des douaniers avaient
également été attaqués au même
endroit par des éléments armés venus probablement
de la Gambie voisine. Par Boubacar DIALLO - (Le Quotidien)
>>>>
Dans la série "on aura tout vu pour rester sur le trône",
Yaya Jammeh trouve du pétrole sur une disquette. Courage,
il ne reste plus qu'à trouver de bons dirigeants... GAMBIE : Le président Jammeh annonce la
découverte de gisements pétroliers. Banjul - Le président
Yahya Jammeh a annoncé la découverte d'une grande
quantité de réserves pétrolières en
Gambie, assurant ses compatriotes qu'avec cette nouvelle découverte,
"la faim et la pauvreté ne seront plus que des vestiges
du passé" dans le pays. Le président Jammeh s'est
cependant empressé d'ajouter que pour que le boom pétrolier
profite à "la majorité des citoyens, il faut
que les Gambiens revoient leur comportement". Il a, par conséquent,
exhorté ses compatriotes à vivre en conformité
avec les paroles de l'hymne national gambien qui met l'accent sur
"le patriotisme et la nécessité, pour les Gambiens,
de travailler dans la paix et l'harmonie". C'est au cours d'une
allocation à la nation, diffusée dans la soirée
de vendredi par la radio et la télévision gambienne,
que le président Jammeh a annoncé ce qu'il a qualifié
d'"agréable surprise". Le président Jammeh,
apparemment très optimiste et confiant, s'est présenté
devant les caméras de la télévision montrant
une disquette censée contenir les résultats d'une
étude récente effectuée pour déterminer
s'il existait du pétrole sur le sol gambien. "Mes chers
compatriotes, il me revient aujourd'hui l'agréable devoir
d'annoncer que les résultats de l'étude sont très
positifs. Ils révèlent l'existence de pétrole
en grandes quantités en Gambie", a-t-il déclaré.
Brandissant la disquette, le président Jammeh a affirmé
: "toutes les informations se trouvent ici". Il a déclaré
que d'ici à la fin de l'année, son gouvernement se
lancerait dans des prospections pour confirmer les résultats."Ce
sera un nouveau commencement pour notre peuple", a-t-il souligné.
Le chef de l'Etat gambien a encore une fois admonesté les
Gambiens, leur demandant de "renoncer à toutes les tendances
qui engendrent la discorde, comme le tribalisme et les différends
religieux, dans l'intérêt et pour la prospérité
de la Gambie". Il leur a demandé de changer leur attitude
laxiste et de travailler, s'ils veulent profiter des retombées
de la découverte de pétrole. "Pour ce qui concerne
la défense et la sécurité du pays, soyez assurés
que nous sommes bien préparés", a par ailleurs
dit le chef de l'Etat gambien. Le Soleil
>>>>
C'est Noël. 1,7 milliards pour les voitures des préféts. ADMINISTRATION : Les sous-Préfets
reçoivent 70 véhicules. Le ministre de l’Intérieur
et des Collectivités Locales, Macky Sall, a procédé
vendredi à la remise de 70 véhicules aux sous-Préfets,
a constaté l’APS. D’un coût de plus de
1,700 milliard de francs CFA, ces véhicules ont été
acquis sur fonds propres de l’Etat sénégalais,
a-t-il indiqué, ajoutant qu’au total, l’Etat
compte mettre 103 véhicules à la disposition de l’Administration
territoriale. Il a indiqué que les véhicules restants
seront livrés « dans une courte échéance
», soulignant que la décision d’équiper
les sous-Préfets en priorité s’explique par
le fait qu’ils accomplissent leurs missions dans un «
contexte particulier ». Ce geste à l’endroit
de l’Administration territoriale s’inscrit dans le cadre
des importantes actions de modernisation de l’Administration
territoriale entreprises par les plus hautes autorités du
pays, a-t-il déclaré. Il a signalé que l’amélioration
des conditions de travail des autorités administratives figure
au nombre des préoccupations de l’Etat. « A côté
du programme de réhabilitation et de construction de bâtiments
abritant les services et résidences des autorités
administratives, le renouvellement du parc automobile de l’Administration
territoriale demeure une priorité essentielle », a-t-il
ajouté. Saluant le geste des autorités, il a indiqué
que : « le chef de l’Etat et son Premier ministre ont
pris la mesure de la nécessaire mobilité des autorités
administratives au service de l’Etat, mais aussi et surtout
des populations », ajoutant qu’ils « ont la conviction
que seule une administration bien outillée garantit l’efficacité
». Il a invité les bénéficiaires à
utiliser rationnellement les véhicules mis à leur
disposition, soulignant que : « leur opérationnalité
n’aurait de sens que s’ils s’engagent à
leur bonne préservation ». (APS)
>>>
Le charlatan, le bijoux, le mari et la naine célibataire.
Mame Anta Diouf ne voulait pas vieillir célibataire. Il lui
fallait, à tout prix, un époux mais, par ces temps
particulièrement "conjoncturés", cela relevait,
quelque peu, de l’exploit. Aujourd’hui, on se marie
pour divorcer le lendemain et beaucoup de jeunes femmes se contentent
d’avoir un ami qui ne fait pas trop de manières pour
couvrir son porte-monnaie. Les “Thiof” ne courent plus
les rues et ont, depuis, laissé la place aux “Gorgoorlu”.
Mais ce n’était pas, là, le problème
de Mame Anta. C’est son handicap physique car elle n’a
pas été particulièrement favorisée par
Dame nature. Elle est, ce qu’on appelle, couramment, une naine.
Et cette situation, elle la vit douloureusement depuis qu’elle
était devenue jeune fille et voyait ses amies sortir avec
des garçons alors qu’autour d’elle, c’était
le vide total. Finalement, elle s’était fait une raison.
Jusqu’au jour où elle rencontra, dans la rue, un individu
qui l’interpelle… Elle avait poursuivi son chemin sans
se retourner mais, l’homme, particulièrement têtu,
avait fini par la rattraper pour lui dire qu’il y avait, en
elle, “quelque chose” et qu’il lui fallait, dans
les meilleurs délais, procéder à certains sacrifices.
Que se sont-ils exactement dit ? Mame Anta ne l’a pas précisé
à la barre du tribunal. Toujours est-il qu’elle l’a
suivi dans une concession où il lui a présenté
un marabout “faiseur de miracles”. Ce dernier se faisait
fort de faire venir les hommes vers elle. Mais pour ce faire, il
fallait de l’argent et beaucoup d’argent que Mame Anta
n’avait pas. Elle avait frappé à toutes les
portes, sans succès. Puis, elle se rappela du chéquier
et des bijoux que sa belle-sœur, Oumou Souleymane Niasse, lui
avait confiés avant de se rendre au chevet de son père
malade. Elle fit un chèque de trois millions de francs qu’elle
présenta à la banque. Mais l’imitation était
tellement grossière que le chèque fut immédiatement
rejeté. Elle ne se découragea pas, pour autant, et
revint pour gager les bijoux de sa belle-sœur, d’une
valeur de 20 millions de nos francs. Nouvel échec et elle
se tourna alors vers le bijoutier de la famille, un certain Pape
Guèye, qui lui fit, tout de suite, comprendre que, dans sa
corporation, on ne prenait plus en gage des bijoux car on préférait
les acheter directement pour les fondre aussitôt. Question
de se parer au cas où ceux-ci seraient d’origine frauduleuse.
Elle accepta donc et Pape Guèye se chargea d’écouler
pour la somme de 1.850.000 francs, des bijoux valant 20 millions
de francs. Hier donc, tous deux étaient à la barre
du tribunal correctionnel pour répondre des délits
d’abus de confiance et de recel. Mame Anta n’a fait
aucune difficulté pour reconnaître les faits qui lui
étaient reprochés même si elle a tenu à
blanchir Pape Guèye. Ce dernier ignorait-il que les bijoux
n’appartenaient pas à Mame Anta Diouf ? La main sur
le cœur, il a juré n’avoir pas soupçonné
leur origine frauduleuse, d’autant plus que, dans la cassette,
il y avait des bijoux appartenant à cette dernière
et qu’il avait parfaitement reconnus. Poussé jusque
dans ses derniers retranchements par les conseils de la partie civile,
Mes Baboucar Cissé, Ousmane Sèye et Ciré Clédor
Ly, Pape Guèye s’est accroché à son explication
comme à une bouée de sauvetage. Même le rappel
de ses déclarations, lors de l’enquête préliminaire,
n’y firent rien. La veille, a-t-il déclaré,
Mame Anta était venue lui emprunter la somme de 50.000 francs
qu’il n’avait pas. Et le lendemain, elle lui avait apporté
les bijoux dans leur coffret. Mais, il semble, qu’elle même,
avait été victime d’escrocs car, à l’en
croire, le fameux marabout, sitôt l’argent empoché,
s’était empressé de se fondre dans la nature.
Alors, désemparée, elle s’était rendue
à Kaolack pour tout raconter à sa belle-sœur,
Oumou Niasse. Cette dernière, semble-t-il, était prête
à racheter les bijoux mais Pape Guèye avait prétendu
qu’il ne connaissait pas l’acquéreur. Pourtant,
entre membres de la même corporation, on se doit de se connaître
et une telle transaction ne se fait pas avec un inconnu. Et cela
fera dire à Me Ousmane Sèye que Pape Guèye
était un voleur professionnel qui a menti tout au long de
la procédure. Et Me Ciré Clédor Ly ira plus
loin encore en l’accusant de complicité. Pour lui,
le problème qui se pose dans cette affaire, c’est celui
de la responsabilité de Pape Guèye qui aurait dû
être poursuivi pour complicité d’abus de confiance
et non pour recel. Et toujours selon lui, Mame Anta Diouf, après
ses échecs au niveau de la banque, ne s’est pas adressé
à n’importe qui mais bien au bijoutier de sa famille,
en l’occurrence Pape Guèye. Ce dernier, a-t-il estimé,
ne s’est pas contenté de lui dire que le gage n’était
pas possible mais lui a suggéré de vendre les bijoux.
Pour sa part, Me Baboucar Cissé a surtout concentré
ses tirs sur Mame Anta Diouf qui, a-t-il fait remarquer, n’a
pas contesté les faits qui lui étaient reprochés
car, en l’espèce, il n’y avait pas de justificatif
qu’elle pourrait invoquer. Alors, elle a dégagé
en touche en essayant de broder sur la thèse des escrocs
l’ayant poussée à cette extrémité
avant de disparaître avec l’argent des bijoux. Pour
Me Cissé, ses différentes tentatives, auprès
de la banque, montraient, suffisamment, que dès le départ,
l’intention frauduleuse était là. S’agissant
de Pape Guèye, il a estimé que ses explications à
la barre ne tenaient pas la route car, celui-ci savait pertinemment
que les bijoux n’appartenaient pas à Mame Anta Diouf.
Ne lui avait-il pas prêté son portable pour, soit disant
demander l’autorisation de vente à la propriétaire
des bijoux ? Tout de suite après, il s’est empressé
d’aller les vendre à vil prix. “ Et quand il
déclare, a conclu Me Cissé, qu’il ne connaissait
pas les acheteurs, il ne dit pas la vérité. Il sait
parfaitement que ces derniers, en se doutant de l’origine
frauduleuse des bijoux, se sont empressés de les fondre pour
les retravailler autrement. Et c’est pourquoi, nous vous demandons
de les maintenir dans les liens de la prévention et de nous
allouer, à titre de dommages et intérêts, la
somme de 30 millions de francs, toutes causes de préjudice
confondues…” . Premier avocat de la défense à
prendre la parole, Me Ibrahima Mbengue, constitué pour Pape
Guèye, reviendra d’abord sur la thèse de la
complicité pour faire remarquer que l’on était
en train de tenter un glissement vers une infraction qui n’avait
pas été visée, avant de se demander s’il
y avait eu recel de la part de son client. Ce dernier, s’il
était le bijoutier de la famille, n’en était
pas le gérant. Mais, connaissant bien Mame Anta Diouf et
ayant confiance en elle, il n’avait pas hésité
à lui rendre le service qu’elle lui demandait. On lui
avait seulement demandé de vendre l’or et c’est
ce qu’il a fait. Et même le produit de la vente n’avait
pas suffi et il avait fallu qu’il prêtât à
celle-ci la somme de 180.000 francs. “ Sur quoi alors, s’est
écrié Me Mbengue, va-t-on se fonder pour parler de
recel ? Manifestement, il ignorait l’origine frauduleuse des
bijoux, ayant totalement confiance en Mame Anta Diouf. Son acte
a été désintéressé et je vous
demande de le relaxer… ” Avocats de Mame Anta Diouf,
Mes Keïta et Issa Diaw ne voudront pas se faire les avocats
du diable et, d’emblée, ils diront que les faits reprochés
à leur cliente, étaient constants. Mais seulement,
leurs confrères de la partie civile, ont-t-il estimé,
avaient fait une relation tronquée des faits qui avaient
suivi la vente. Ainsi, Oumou Souleymane Niasse était d’accord
pour être remboursée et n’a changé d’avis
que, plus tard, sur l’intervention de sa sœur, Marième.
Pour Me Diaw, dans cette affaire, le problème se situait
au niveau du préjudice évalué par la partie
civile à 20 millions de francs, sans en rapporter de preuve.
Et quand on lui en demande, elle déclare avoir laissé
les factures au Nigéria. En un an, elle avait largement le
temps d’aller les chercher. “ Le juge, a encore déclaré
Me Issa Diaw, ne peut fonder sa conviction que sur des preuves rapportées
et discutées devant lui. En l’espèce, comme
preuves, la partie civile ne présente que des photos et le
préjudice dont elle se prévaut ne ressort que de ses
propres déclarations. Le problème qui se pose, ce
n’est pas la remise en question de l’infraction qui
reste constante. On nous réclame 30 millions sans rapporter
la moindre justification. Cela est inacceptable et c’est pourquoi,
nous demandons au tribunal de tenir compte de la qualité
de délinquante primaire de notre cliente et de lui faire
une application bienveillante de la loi pénale… Le
tribunal, qui, a mis cette affaire en délibéré,
rendra sa décision le 24 février prochain. Mass DIACK
(Walfadjiri)
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Un Belge accusé de meurtre au placard depuis 5 ans à
Saint-Louis. Cour
d’assises de Saint-louis : Le Belge Sculier, accusé
de meurtre, écope 6 ans de prison. Il aura fallu encore 48
heures de procès au tribunal régional pour se fixer
sur le sort du Belge Sculier Jerry Emile accusé de meurtre
sur la personne du jeune Moussa Gueye. Dans cette 8ème affaire
de la cour d’assises de Saint-Louis qui tire en longueur,
deux autres inculpés, Ababacar Diallo et Pape Charles Tavares,
étaient devant la barre pour répondre du délit
de non-assistance à une personne en danger de mort. Les faits
remontent au 9 juin 1999. A la sortie d’une boîte de
nuit, l’ex-Casino à la pointe Nord de l’île
de Saint-Louis, sous l’effet de l’alcool et à
la suite d’une altercation, les choses allaient dégénérer.
Vers les coups de 4 heures du matin, après une course-poursuit,
Moussa Gueye poursuivi par Sculier criait dans l’obscurité
:"il m’a poignardé amenez-moi à l’hôpital".
C'était non loin du commissariat central que les agents de
police de Saint-Louis furent informés que Moussa Gueye venait
d’être mortellement blessé devant le domicile
d’un Sergent de l’armée. Moussa Gueye succombera
à ses blessures. L’autopsie et le certificat genre
de mort font état de plaies polyviscerales avec hémorragie
par arme blanche. C’est ainsi que le Belge Sculier a été
interpellé avec ses compagnons Ababacar Diallo et Charles
Tavares avec un pantalon taché de sang. En revenant sur le
fond de ce meurtre, la présidente de la Cour, Mme Aïssatou
Racky Wane, a eu beaucoup de peine pour contenir les hostilités
ouvertes entre l’avocat général, les avocats
de la défense et de la partie civile. Avec un casier judiciaire
très chargé en Belgique où il a été
même radié des registres, Sculier a soutenu avoir donné
des coups de poings et de pieds mais n’avoir pas usé
de couteau ou de poignard. En maintenant sa déclaration,
l’avocat Général, Lamine Bousso, au vu du volumineux
dossier qui charge Jerry Sculier après l’enquête
de personnalité effectuée à la suite d’une
commission rogatoire internationale, n’avait pas eu beaucoup
de peine pour le dépeindre auprès de la cour. Il est
établi, dira t-il, qu’il jouit d’une mauvaise
réputation et toutes les personnes interrogées l’ont
dépeint comme quelqu’un de mal éduqué.
L’avocat général ira plus loin dans ses considérations
pour le charger comme quelqu’un ayant fait plusieurs condamnations
pour vol aggravé, coups et blessures volontaires et attentat
à la pudeur commis avec violence. Et mieux, selon Lamine
Bousso, il a fait l’objet d’une inculpation pour complicité
de meurtre mais avait bénéficié d’un
non-lieu. A partir d’un portrait d’un homme ayant semé
la terreur dans son pays , il ne pouvait pas imaginer que Sculier
n’ait pas commis ce meurtre en terre sénégalaise.
L'avocat général, compte tenu de la gravité
des faits, a demandé à la cour de punir sévèrement
ce danger public par une peine allant de 30 ans à la perpétuité,
au vu des articles 280 et 289 du code pénal. Et pendant 4
heures d’horloge, les avocats défenseurs, Abdourahmane
Sow et Ibrahima Mbengue, ont pris à contre-pied l’avocat
général pour plaider la légitime défense
de leur client avançant même que cette affaire devrait
être plaidée en correctionnelle et que par conséquent,
il faudrait lui accorder de larges circonstances atténuantes.
La cour a finalement acquitté Ababacar Diallo tandis que
Jerry Sculier a échappé belle à la perpétuité
avec des circonstances atténuantes. La cour a donc disqualifié
les faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné
la mort et l’a condamné a 6 ans d’emprisonnement.
Ayant déjà purgé 5 ans de détention
provisoire, il ne lui reste qu’une année pour recouvrer
la liberté. La partie civile bien que contestant ce verdict
se voit allouer la somme de 18 millions de francs C F A. B.MAURICE
N DIAYE. Le Soleil
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Langue de Barbarie : vers une disparition ? L’ouverture d’une brèche
sur la Langue de Barbarie, dans la nuit du vendredi 3 au samedi
4 octobre 2003, a sauvé une bonne partie de la ville de Saint-Louis
et ses environs d’une inondation catastrophique certaine.
D’ailleurs, depuis la mi-septembre certaines localités
de Gandiole comme Pilot étaient sous les eaux et certaines
zones de Pikine, Diameguène, Léona et Darou gardent
encore les stigmates d’une saison des pluies certes tardive
mais ayant donné de fortes averses et par conséquent
des flaques très persistantes. A la joie légitime
et débordante des populations et des autorités de
voir le niveau du fleuve baisser inexorablement a succédé
l’étonnement voire l’inquiétude de constater
qu’en plein mois de novembre les eaux du fleuve Sénégal
s’étaient retirées de plusieurs arches et des
enfants jouaient en toute innocence et gaieté sur une bonne
partie du lit du fleuve. Ce spectacle presque fantastique - du rarement
vu selon les anciens - des piliers séculaires du Pont Faidherbe
à découvert, suscite aujourd’hui maintes supputations,
inquiétudes et des conjectures allant d’un optimisme
béat à un pessimisme apocalyptique. Une inquiétude
est de plus en plus perceptible au niveau des populations, la peur
que cette Profanation de la Nature ne conduise à une catastrophe.
Cette inquiétude est permanente dans toutes les sociétés
en particulier dans les sociétés africaines dans lesquelles
- réminiscence du paganisme ancien - la Nature est presque
sacrée. La proximité de la brèche avec la ville
de Saint-Louis (environ six kilomètres) rend presque instantané
l’effet des marées à Saint-Louis, le niveau
du fleuve montant et descendant suivant les variations du niveau
de la mer. Ainsi les Saint-Louisiens découvrent le mouvement
désormais ample de balancier des marées à travers
les changements brusques de niveau du fleuve Sénégal.
Dans le passé, l’éloignement de l’embouchure
naturelle (plus de trente kilomètres) faisait que l’effet
des marées était atténué avant qu’elles
n’atteignent la ville de Saint-Louis. Et les changements de
niveau les plus sensibles du fleuve Sénégal étaient
les grands changements découlant des crues lors de la saison
des pluies et des décrues avec la remontée de la langue
saline à la fin des grandes lâchées du barrage
de Diama. Aujourd’hui plusieurs phénomènes inédits
sont observés : certains sont positivement appréciés
par les populations tandis que d’autres sont redoutés.
Ainsi, on constate la floraison de pirogues de pêche amarrées
sur le petit bras ; les piroguiers profitent de la brèche
pour rejoindre plus facilement leur domicile en évitant les
difficultés liées à la traversée de
la barre. D’ailleurs un nouveau quai de débarquement
des poissons est entrain de se constituer entre le cimetière
et Guet Ndar du côté du fleuve. Certains affirment
que depuis l’ouverture de la brèche, les moustiques
sont devenus plus rares réduisant du coup le nombre de cas
de paludisme. De l’autre côté on observe que
le fleuve est devenu moins poissonneux à Saint-Louis, les
eaux usées plus pestilentielles lors des marées basses
et qu’à Gandiole les maraîchers sont très
préoccupés par la baisse sensible du niveau des puits.
A ces observations s’ajoutent des questions importantes comme
: quel sera le devenir de l’ancienne embouchure ? Va-t-elle
s’ensabler définitivement au profit de la nouvelle
embouchure ? Quelles seront dans ce cas les conséquences
sur l’agriculture ? La brèche qui est passée
de quelques mètres à aujourd’hui plus de six
cent mètres en trois mois, continuera-t-elle, sous les effets
conjugués du fleuve et de l’océan, à
s’élargir, au risque d’anéantir une bonne
partie de la Langue de Barbarie ? Dans ce cas, de combien de mètres,
la brèche se sera-t-elle élargie ? Ou bien combien
ce phénomène prendra-t-il de temps avant de s’estomper
? Comme ce fut le cas dans le passé, la nature va-t-elle
reconstituer la dune en bouchant la brèche ? Combien de temps
cela prendra-t-il ? Les vieux piliers du Pont Faidherbe dont une
bonne partie sera alternativement couverte et découverte
seront-ils affectés par les changements désormais
fréquents de courants dans les deux sens ? Quels effets peut-on
prévoir à moyen et long terme sur l’écosystème
? S’il est facile d’imaginer les gains sur les coûts
des travaux de dragage d’une embouchure rapprochée
comme cette brèche, a-t-on assez d’information sur
ses effets sur les lentilles d’eau douce et les nappes superficielles
de Saint-Louis et ses environs ? La lecture des propos tenus dans
Sud Quotidien du 6 octobre 2003 par M. Roger Sahayoun, Pdg de la
Somagec, une entreprise marocaine qui est conceptrice de cette solution,
ne semble pas indiquer que toutes les conséquences aient
été suffisamment soupesées. Dans ce même
numéro de Sud Quotidien, M. Mamadou Guèye, directeur
général de la Sénégalaise de voirie
et de travaux publics (Svtp), prédisait que la largeur de
la brèche allait se stabiliser autour de 200 mètres.
Ces affirmations, qui ne sont apparemment pas basées sur
un modèle d’érosion fiable, ne résistent
pas aujourd’hui à l’épreuve des faits
puisque la largeur de la brèche dépasse les 600 mètres.
Par ailleurs, vue les forts courants provenant de l’océan,
qui pourraient traverser la brèche pour se jeter dans le
fleuve et vue l’évolution de la Langue de Barbarie
de 1850 à 2003, il faut nécessairement établir
un modèle d’érosion-sédimentation adapté
avant de prédir la stabilisation de l’embouchure artificielle
créée sur le fleuve Sénégal en octobre
2003. Aujourd’hui, il est essentiel de pouvoir prévoir
de manière assez précise le devenir sur une longue
période de la brèche et de la Langue de Barbarie et
c’est en rapport avec ces informations qu’une décision
politique, de maintenir ou de refermer la brèche, devrait
être prise. Le temps presse d’ici la prochaine saison
des pluies ! Pour résoudre ce type de problème, une
démarche désormais classique est la mise sur pieds
d’une équipe pluridisciplinaire comprenant des spécialistes
allant des océanographes aux hydrogéologues, des hydrauliciens
aux spécialistes de la mécanique des fluides, des
numériciens aux ingénieurs en génie civil,
des géographes aux économistes, des juristes aux spécialistes
de la logistique, des sociologues aux écologues, etc. Dans
le travail de prédiction, les mathématiques jouent
un rôle capital et malheureusement ce ne sont pas des mathématiques
simples : ni la règle de trois encore moins la régression
linéaire ne seront suffisantes pour avoir des résultats
fiables ! Il faudra passer par la simulation numérique (calcul
sur ordinateur car il y a des millions d’inconnues) des équations
dites de Saint-Venant ou de transport. Grâce à de tels
modèles, on aurait pu prédire les phénomènes
observés, informer les populations et choisir en temps opportun
la solution la moins onéreuse aussi bien du point de vue
économique, environnementale que des conséquences
des inondations. Il faut savoir que ces équations qui régissent
l’écoulement des eaux de surface sont similaires à
celles utilisées dans l’écoulement des gaz dans
les tuyères des réacteurs de fusées et d’avions
ou celles permettant de choisir la forme aérodynamique d’une
aile d’avion, d’un avion et même de plus en plus
d’une voiture. C’est dire que des recherches sur ces
questions sont stratégiques et nécessitent une forte
volonté politique pour les développer et maintenir
sur le sol d’un pays en développement des experts sur
ces questions. Le Sénégal dispose d’une expertise
sur ces questions à l’Université Gaston Berger
de Saint-Louis et à l’Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, pourquoi rechigne-t-on depuis dix ans à l’utiliser
? Pourquoi refuse-t-on de mettre en collaboration l’expertise
nationale en modélisation et simulation avec les laboratoires
étrangers intervenant sur ces questions de simulation sur
notre territoire national ? Est-ce le résultat de diktats
de certains financements étrangers dont l’objectif
est d’étouffer cette expertise nationale ? Est-ce le
résultat de collusions financières de lobby sénégalais
prête-noms de bureaux d’études étrangers
au niveau des structures s’occupant des questions de l’eau
aussi bien au Sénégal qu’au sein de l’Omvs
? Est-ce le fruit d’une incompétence qui devient coupable
car ne pouvant plus se cacher derrière l’ignorance
? Si le Sénégal ne fait pas le saut qualitatif d’utiliser
sa propre expertise sur les questions qui relèvent de son
avenir, alors, à quoi bon s’investir dans la recherche
et la formation de spécialistes sénégalais
qui font la fierté du Sénégal à l’étranger
et dont la reconnaissance internationale ne fait l’ombre d’aucun
doute ? Par ailleurs, comme aucun modèle de développement
économique n’est universel, aucun modèle mathématique
n’est universel et adaptable à toutes sortes de situation,
en ce qui concerne la dynamique des cours d’eau. Et nous ne
pouvons pas conclure sans vous livrer cette anecdote très
instructive. Au mois de septembre 2003, nous avons participé
à un workshop sur les modèles d’écoulement
océanique à Delft, aux Pays Bas. Après l’intervention
d’un modélisateur de Dhi (Danish hydraulic institute),
un vieux Professeur lui a posé la question de savoir s’il
pense franchement que les modèles d’écoulement
établis et vendus par son institut sont applicables à
toutes les situations. La réponse a été franche
mais surprenante : «Si vous posez cette question à
Dhi, il dira oui mais moi je pense que non». Sachez que le
Dhi est l’institut qui commercialise Mike 11, un logiciel
bien connu et utilisé par certains hydrauliciens et géographes
au Sénégal. Enfin la question qui vaille est de savoir
si nous devons désespérer de l’avenir de notre
intelligence créatrice ? Malgré tout, nous affirmons
encore haut et fort que Non ! Pourvu que cette conviction dure.
Mary Teuw NIANE - Ugb - Sénégal / niane@ugb.sn / Abdou
SENE - Ugb - Sénégal / asene@ugb.sn
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Casamance : le port de Diembereng-Cap Skirring mis à sac
Pêcheurs et femmes transformatrices plient bagages ! Le village
de Djimbéring, en Casamance, est célèbre pour
ses pêcheurs et ses femmes transformatrices. Mais bientôt,
si l’on n’y prend garde, cela risque de faire partie
du passé, du fait des voleurs qui y sévissent et font
fuir les producteurs. Les pêcheurs et les femmes transformatrices
de produits halieutiques du village de Djimbéring, situé
à une dizaine de Km du Cap Skirring, environ 70 km à
l’ouest de Ziguinchor ne savent plus à quel saint se
vouer. Et pour cause ! Depuis quelques mois, ils sont victimes de
vols répétés au niveau de leur débarcadère.
Et les femmes ont été les premières victimes
de ces citoyens atypiques. En effet, au mois de novembre dernier,
des voleurs ont, à deux reprises, visité leurs installations
et emporté beaucoup de matériel de travail. Et au
mois de décembre dernier, c’était au tour des
pêcheurs de recevoir la visite de ces prédateurs. Ils
ont cette fois-là, jeté leur dévolu sur les
moteurs hors-bord de pirogues. Aussi, après avoir interpellé
à maintes reprises les responsables politiques de la communauté
rurale, principalement le président qui, selon nos sources
tardent encore à réagir, les pêcheurs ont préféré
tout bonnement plier bagages. Ainsi, voilà déjà
plus de 3 semaines qu’il n’y a plus de débarquement
sur ce site. Et les femmes aussi, souffrant des mêmes maux,
se sont senties obligées malgré elles, de tout abandonner.
Cela d’autant plus qu’elles ne peuvent plus avoir de
produits halieutiques. Aujourd’hui, bon nombre de ces pêcheurs
qui sont pour l’essentiel originaire de Saint-Louis, ont préféré
rentrer chez eux alors que d’autres se sont redéployés
vers Kafountine, Cap Skirring ou Elinkine. Laissant ainsi ce village
qui agonisait déjà du fait de la crise, dans un profond
désarroi. En effet, Djimbéring tire l’essentiel
de ses ressources de la pêche. Cette activité est le
principal secteur pourvoyeur d’emplois dans la population,
à côté de l’agriculture actuellement en
perte de vitesse. Le tourisme qui est l’autre source de revenus
des populations, connaît également une période
très difficile. Seuls 2 campements villageois existent à
Djimbéring et un seul est fonctionnel. Toutes ces choses
font que les populations interpellent les responsables de la communauté
rurale et de l’Etat, pour qu’elles réagissent
rapidement afin de trouver une solution heureuse et définitive
à cette situation. Les populations disent également
leur impatience de voir le projet de construction d’un quai
de pêche à Djimbéring par le Programme d’appui
à la pêche artisanale (Papa) se réaliser enfin.
Par Aliou CISSE - (Le Quotidien)