Bulletin N°53 de Senegalaisement.com    envoyé à 53.098 inscrits
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SOMMAIRE :
>> Edito : Bonus de wolof et fin des vacances.
>> Senegalaisement INTERACTIF : La météo (aujourd'hui Cap Skirring), le Best of de la Sénégalerie et les dernières petites annonces passées sur le site.
>> Site internet "Sénégal" du jour : Le Sénégal en images
>> Promotion du jour : Paris-Dakar à 320€
>> Livre du jour : J'apprends le wolof de Marina Yaguelo et J.L. Diouf
>> Hôtel du jour : La Villa des pêcheurs au Cap Skirring (Casamance)
>> La revue de presse sénégalaise de la semaine. Du plus drôle au plus anecdotique :
- Le ñaam Jood à Kolda : Et si la légende était fausse ?
- L'hécatombe du bétail
- Le port des gris-gris est banni par l'islam
- L'énorme bourde de Wade, le faux latiniste.
- Au bon vieux temps des colons :
- Le gang des hypnotiseurs sévit à Dakar
- Nouvelle loi sur l'importation de véhicules : plus que des 605 break climatisées pour les taxis-brousse et étalonnage du prix des taxis dakarois sur celui des taxis parisiens.


Bonjour à tous ! En plein milieu de mes vacances d'hivernage j'apprends que Swarchzy se présente aux élections en Californie. Quand on voit que son principal adversaire est un autre Arnold (celui d'Arnold et Willy..., le nain), je me dis que décidemment, tout fout le camp et qu'Armaggedon est proche. C'est donc le moment où jamais d'aller au Sénégal. D'autant qu'après la mort avant hier du très regretté Idi Amin Dada, le vieux Wade, Président-Talibé sénile et grabataire reste l'un des plus beaux spécimens africains de génocidaires tortionnaires avec à son actif en trois ans plus de morts en Casamance qu'en 20 ans avec le très diplomate Abdou Diouf que l'on commence à regretter. Oui, c'est donc le meilleur moment pour aller au Sénégal. Si vous avez des vieux, ce serait d'ailleurs une bonne idée de les exporter quelques jours à Saly où les températures sont plus clémentes qu'en Europe où les pauvres sont tombés comme des mouches avec la canicule. Août touchant à sa fin les prix des avions vont atteindre leur plus bas niveau de l'année (voir plus bas dans la promo à 320€) et pour une fois Air Sénégal Internachioneul est de la partie.

COURS DE WOLOF : Vous êtiez en vacances ? Nous aussi ! Alors au lieu d'un module habituel on vous a mis la version karaoké de Birima de Youssou Ndour ! Idéal pour travailler votre prononciation. Ce module spécial s'utilise comme tous les autres mais est intitulé dans le menu "Bonus N°1" (y'en aura d'autres !). Musique oblige il est un peu plus long à télécharger. On deuxième bonus a également été ajouté. Le module "wolofismes". Cliquez ici pour accéder à la page "cours de wolof".

A très bientôt ! Et n'hésitez pas à participer au prochain bulletin.

PS : 115.000 : c'est environ le nombre de messages reçu dans ma boîte mail ces 3 derniers jours suite au virus SobigF. Si vous recevez un message bizarre de Senegalaisement.com avec une pièce jointe, NE L'OUVREZ PAS ! Il s'agit d'un virus qui ne vient pas de Senegalaisement.com (ni de moi d'ailleurs). Par précautions je vous conseille de vous vaccinner en quelques secondes contre ce virus en utilisant ce "nettoyeur". Cliquez ici pour le télécharger (172ko)

PROVERBE WOLOF DU JOUR
Nit ku xeep judoom wanni dara jaam
Qui néglige sa naissance, diminue sa valeur sociale

Site du jour : Le Sénégal en images
www.senegal.free.fr

Un sympathique petit site qui nous permet de visiter en images Dakar, Saint-Louis et surtout diverses localités de Casamances telles que Ziguinchor, Thionk Essyl, etc..

Promotion : de fin août à fin octobre un vol quotidien à 396€

Ca y est. Les djeuns reprennent l'école et les profs reprennent la grève. Les prix retournent donc à la normale pour les billets Europe-Sénégal. Il était temps ! A partir de demain et jusqu'à fin octobre les bons plans vols vont se multiplier.

Voici donc les deux meilleures offres du moment. Vous pourrez partir chaque jour pour des prix allant de 320€ à 396€. A ce prix là, même les profs pourront faire grève en partant quelques jours au Sénégal avec leurs copains de la Seuneuceufeu.

Avec Air Sénégal Internachioneul :
Vols quotidiens du 26 août au 30 octobre à 396€ : CLIQUEZ ICI

Avec Euralair ou Star Europe : départ les 7, 10 ou 12 septembre
et retour le 24
: 320€
et retour le 29 : 330€
CLIQUEZ ICI

LE LIVRE DU JOUR
LE SENEGAL DANS LA PRESSE FRANCAISE 1956-1968
UN TRAITEMENT PRIVILEGIE ?

La seule colonie française d'Afrique Noire dont les habitants sont devenus des citoyens français (les quatre communes) a toujours été la préférée de la métropole. Sans doute la meilleure méthode de wolof sur le marché actuellement. Si on peut lui reprocher d'avoir toujours ses 4 cassettes audio au lieu d'un bon CD, l'association livre/audio reste néanmoins très efficace. L'apprentissage est agréable et à la portée de tous, y compris des grands débutants. 42,75€. Livraison gratuite.

Hôtel du Jour : Le Villa des Pêcheurs

La Villa des Pêcheurs : Au Cap Skirring en Casamance. Sans doute la référence africaine pour la pêche en mangrove. Jean-Pierre a fait de la Villa Aline Sitoë un paradis pour les pêcheurs à la recherche des plus belles sorties dans les plus beaux paysages. Une base ont été aménagée à Katakalousse, à quelques kilomètres du Cap Skirring, pour être d'emblée au beau milieu des milliers de bolongs de la superbe Casamance. A la recherche permanente des plus rares coins de pêche de la région, la Villa des Pêcheurs et son équipe vous seront d'un précieux conseil. Jean-Pierre, le propriétaire, réalise d'ailleurs des chroniques dans divers magazines de pêche pour mieux faire connaître les techniques et les espèces relatives à ce riche écosystème. Les plus belles prises (dont de magnifiques spécimens sont en photo sur le site internet de l'établissement) ne manquent pas d'être préparées à la table de cette "maison d'hôte" à l'ambiance si familiale. Les pêcheurs passionnés trouveront en outre sur le site web plein de bons conseils pour un séjour halieutique réussi en Casamance. 993-5253 Fax : 993-5180.

LA REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE
Du plus drôle au plus anecdotique


>>>>Le ñaam Jood à Kolda : Et si la légende était fausse ?
Médina Sabakh, la cité du Ngoyane, dans les profondeurs du Saloum, est réputée dans la sédentarisation des hommes en quête de bien être, de sensations et de plaisir des sens. Une caractéristique que cette contrée partage avec Kolda. A la seule différence que Kolda retiendrait les hommes non par des mélodies et des rythmes, mais par ce qu'on appelle ñaam Jood dans la langue du terroir. Une situation installant parfois la polémique entre autochtones et résidents. Ceux qui finissent toujours par élire domicile à Kolda croient dur comme fer à cette légende. Tandis que les koldois bon teint invoquent un cadre naturel enchanteur où tout est accessible. Le Quotidien vous transporte au centre de la controverse ñaam Jood, une expression pulaar qui fait la réputation du Fouladou qui signifie «Mangez puis vous restez». Lorsqu'on parle de la célébrité ou particularité des régions telles que Kaolack, Fatick et Saint-Louis, l'on fait allusion à des animaux totems comme «Mbossé Coumba Jigeen», «Mame Mindis» et «Mame Coumba Bang». Kolda, capitale du Fouladou, elle, est symbolisée par une croyance populaire : ñaam Jood. C'est une imagerie populaire qui veut que ceux qui séjournent dans cette sphère géographique finissent toujours par s'y installer. Et les raisons de cette croyance surnaturelle serait contenues dans l'alimentation. Ainsi, ñaam Jood doit signifier : reste qui mange. La légende veut donc qu'à Kolda, les étrangers ou visiteurs soient liés, sans le vouloir au terroir. Seulement, ce pouvoir du ñaam Jood n'est pas unanimement reconnu. Au premier chef de ceux qui contestent ce fait bâtisseur du mythe des lieux, certains Koldois. Et les développements fusent, s'inspirant des facilités qu'offre Kolda. L'argumentaire, qui se veut cartésien, soutient : «Le phénomène du ñaam Jood n'existe pas ou du moins n'existe plus ; ce qui existe, c'est la facilité de la vie. Kolda, bien que considérée comme la région la plus pauvre du Sénégal, a la particularité d'être la région aux multiples avantages naturels. Oui, elle est bien pourvue par une nature généreuse.» Kolda, à travers ses richesses naturelles, surtout en bois, est considérée comme la région d'origine du bois de venn.
Illustrations : «Jamais, il ne se passe un jour sans que l'on voit des camions frigorifiques, de retour d'une livraison de poissons, ou des voitures de type Ndiaga Ndiaye ne retournent vers ce qui est communément appelé ici le nord avec à bord, des meubles de toutes sortes appartenant soit à des fonctionnaires affectés ou bien à des Baol Baol qui, maintenant, préfèrent presque la destination Kolda à celle de Brescia en Italie.» Une situation qui fait dire à Ousmane Diallo, un Koldois de naissance : «Kolda est la seule région où le fonctionnaire bien organisé s'équipe dès sa première année, le lit double y coûte cent dix mille francs Cfa, tandis qu'une armoire à quatre battants y coûte vers cent cinquante mille francs Cfa et le salon et la table à manger cent cinquante mille francs Cfa. Allez à Dakar demander le prix de tous ces meubles, et vous comprendrez les raisons pour lesquelles les gens restent souvent à Kolda.»
A. Mané, lui, est menuisier originaire de Kaolack. Arrivé à Kolda vers les années 80 pour y monnayer son talent d'artisan du bois, celui que ses clients appellent affectueusement Azou, est maintenant propriétaire d'un grand atelier de menuiserie avec une vingtaine d'apprentis. Azou déclare y être marié avec une Koldoise et père de quatre enfants. Pour lui, il doit beaucoup à cette ville et ne compte pas rentrer de sitôt. Interpellé sur la fréquence de visites à ses parents Azou déclare : «Je pars les voir une fois par an, à la Tabaski, mais maintenant cela devient de plus en plus improbable avec la famille qui s'agrandit.» Interrogé sur le phénomène du ñaam Jood, Azou pense que cela n'existe pas. Arguments à l'appui, il se défend : «Moi je suis resté à Kolda parce que je m'en sors beaucoup plus ici qu'à Kaolack que je ne maîtrise plus. D'ailleurs le Sénégalais est partout chez lui.»
Sow, lui, est policier municipal. Il ne se plaint plus de sa radiation. Il est propriétaire de l'une des plus grandes scieries du Fouladou. Confidences d'un policier radié qui a réussi sa reconversion avant la réinsertion dans la police municipale : «Je n'ai pas hâte d'une affectation car je ne me plains pas à Kolda.» Cette ville, en dehors de la menuiserie qui y est développée, offre d'autres opportunités. Elle a aussi la réputation d'avoir des fruits pendant les douze mois de l'année. L'abondance concerne également le miel, le lait et la viande. Pour la viande, il est important de souligner que la région abrite le quart du cheptel national. Concernant le lait, il est considéré comme le produit le plus utilisé pour véhiculer le ñaam Jood. C'est un produit qui fait la popularité du Fouladou car disponible pendant toute l'année. Le prix du litre de lait varie entre deux cents et deux cent cinquante francs Cfa. Du côté de l'immobilier, un appartement quatre pièces revient à un prix mensuel de quarante mille francs Cfa.
Last but not least, la beauté de la femme koldoise fait que la capitale du Fouladou est aussi appelée «Saré Soukabé» c'est-à-dire, la ville des jeunes filles. La légende raconte même que la ville fut fondée par un certain berger, du nom de Coly, qui a fait la rencontre d'une très belle femme du nom de Dado. D'ailleurs certains n'hésitent pas à appeler Kolda, Coly-Dado. D'autres avancent même que les Koldoises ont hérité de la beauté de cette «Dabo». La plupart des fonctionnaires, professeurs, instituteurs, policiers et militaires n'hésitent pas à y prendre femme. Car, défie S. Diao, un natif de Kolda : «La femme du Fouladou est irrésistible de par sa beauté.» Et, I. Fall, professeur au lycée à Kolda confie : «Lorsqu'on m'a affecté à Kolda en 1996, j'avais laissé à Thilogne une copine. D'ailleurs, nos parents étaient d'accord qu'on se marie, mais depuis que je suis arrivé ici, c'est la rupture. J'ai refait ma vie en me mariant à une koldoise.» Aussi, y a-t-il l'histoire croustillante du gardien de la paix qui a préféré garder l'anonymat. Voici son odyssée à Kolda : «J'ai fait seize ans dans cette ville. A l'époque, les singes envahissaient le centre ville sans être inquiétés. Je suis marié et père de six enfants basés à Dakar, mais depuis que j'ai pris deux autres femmes à Kolda, j'ai rarement des nouvelles de ma famille basée à Dakar.»
Ce sont là autant de témoignages qui font dire à un Koldois que le ñaam Jood n'existe pas. C'est que les gens s'installent définitivement à Kolda car les meubles sont à bon prix, le logement facile, la nourriture et la boisson naturelles telle que le lait, disponibles toute l'année. Les femmes du Fouladou sont aussi belles et de teint clair. Si les Koldois eux considèrent le ñaam Jood comme un mythe, les étrangers eux, y croient dur comme fer. Le ñaam Jood est bien une réalité, car rien ne justifie la sédentarisation rapide et massive des étrangers à Kolda. Seul le ñaam Jood peut expliquer cet état de fait. En plus, Kolda abrite en son sein des lieux et symboles historiques qui ont la réputation d'avoir des pouvoirs de rétention vis-à-vis des non koldois. Au premier rang de ces symboles mythiques, l'arbre Moussa Molo Baldé, du nom de ce géant caïlcédrat qui est situé au milieu de la route qui mène au camp militaire, au quartier Doumassou, et qui porte le nom du célèbre roi guerrier peulh Moussa Molo Baldé. L'arbre Moussa Molo Baldé, bien que célèbre de par sa taille et son nom, est surtout célèbre à cause de sa réputation, comme quoi une fois contourné à sept reprises par un non koldois, celui-ci pourrait ne plus retourner à ses origines. Ainsi, de l'avis de beaucoup de fonctionnaires, c'est parce qu'ils ont inconsciemment contourné l'arbre Moussa Molo que toutes leurs tentatives de demande d'affectation vers le nord du pays sont vouées à l'échec. Par conséquent, ils sont obligés de continuer leur service à Kolda. Ils y achètent une maison, y prennent leur retraite puis s'y installent définitivement. En plus de l'arbre Moussa Molo, il y a le tata de Moussa Molo ou bien sa cour royale actuellement en ruines, située à Ndorna, à une cinquantaine de kilomètres de Kolda. Une localité célèbre entre autres par son étendue (trois fois plus grande que le département de Thiès). Ce tata de Moussa Molo a aussi la réputation, à l'image de l'arbre qui porte le même nom, de détenir des pouvoirs de maintenir les étrangers, mais aussi des pouvoirs de malédiction qui empêchent toute possibilité de réussite dans ses entreprises pendant un an, une fois que l'étranger y met les pieds.
Une autre version : le ñaam Jood est utilisé à travers le lait caillé. Pour d'aucuns, c'est une poudre mystique versée au milieu de la tête de l'individu à travers des caresses, ou bien versée dans la marmite au moment de la cuisson. Laquelle poudre aurait pour effets de détourner toute pensée de l'étranger vers sa région d'origine. Pour l'heure, étrangers et Koldois ne parlent pas le même langage concernant le ñaam Jood : Si les uns soutiennent qu'il y a du surnaturel dans ce qui les retient, les autres préfèrent la thèse du milieu accueillant. Malgré ces divergences d'appréciation, une constante : de plus en plus d'étrangers prennent la «nationalité fouladou». Au grand malheur de leurs familles et proches parents restés au nord du pays, sous le couvert du prétexte que «góor dëkkul fenn» qui signifie : «L'homme n'habite nulle part.» Le ñaam Jood lui, continue de hanter l'imaginaire social. Moussa THIOR. Le Quotidien.

>>>> L'hécatombe du bétail
A la recherche de pâturages, c'est de véritables hécatombes qui se sont dressées devant le bétail du département de Podor notamment autour des forages qui ont surtout manqué d'eau. C'est qu'en fait, il s'est trouvé qu'au niveau de certains forages selon l'Inspecteur départemental de l'Elevage Mamadou Bâ " nos éleveurs qui ont quitté le département de Podor ont fait face à des rétentions d'eau des éleveurs résidants. Ils se sont vus taxer entre 25 à 50.000 CFA avant de pouvoir d'abord compter leurs animaux et de payer 700 francs CFA par tête pour pouvoir les abreuver. " Tenez-vous bien ! Lors d'une tournée que nous avons effectuée durant la première semaine du mois d'avril dernier à Lagbar, nous avons trouvé quelques éleveurs de Podor qui n'ont pu abreuver leur bétail qu'à 3 heures du matin. La semaine qui a suivi, le forage est tombé en panne. " Une véritable hécatombe qui a causé la mort de bonnes dizaines de bovins, des ânes et même de petits ruminants qui étaient moins éprouvés mais qui mourraient de soif. " Nous sommes revenus au forage de Namarel. Là également, nous avons trouvé une situation plus ou moins pareille parce que tout le bétail qui se trouvait à Lagbar est revenu à Namarel faisant que le forage ne pouvait pas supporter l'abreuvage ", ajoute Mamadou Bâ. Autrement dit, au niveau des forages de : Aéré-Lao, Ndiayenne, Gueye Kadar, Pithie très réputés pour leur affluence assez importante à certaines périodes de l'année, c'est le même constat souligne l'Inspecteur de l'Elevage de Podor. " Des cadavres qui jonchaient les alentours. Les mortalités recensées au niveau de forages de Namarel, Yaré Lao et Mbiddi entre les mois de Mars et Juillet 2003 sont lourdes. 223 cadavres à Namarel plus de 2/3 de bovins, 245 à Yaré-Lao dont un peu ^plus des 2/3 en bovins et 137 cadavres à Mbidi dont les 4/5 en bovins. De telles sortes que la situation cette année a montré un bétail très éprouvé. Les pourtours étaient plus ou moins assez rares, les graines de coton également et les éleveurs d'avoir de la peine à nourrir leur bétail. " . Aujourd'hui que les premières pluies ont commencé à tomber dans la zone, l'espoir pourrait renaître dans certains forages comme Namarel. Avec une bonne levée, les petits ruminants sont presque satisfaits estime Mamadou Bâ. Les bovins commencent à se débrouiller. à Guèye Kadar, à Rawane ou la première pluie est intervenue, il y a une semaine, on a noté une bonne levée d'herbes même si le pâturage n'est pas encore totalement couvert. Au niveau de Galoa, Aéré-Lao et Bokijalobé, les pâturages sont assez bons jusqu'à Aéré-Lao et les bovins commencent à se débrouiller. La mise en place des aliments de bétail est effective dans certaines communautés rurales, à Golléré et à Ndioum. Le Soleil.

>>>>Le port des gris-gris est banni par l'islam
Selon l'islamologue Bousrha Habib Dièye, par ailleurs coordinateur de la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire, l'islam a une position médiane en matière de port du gris-gris. En effet, si le talisman est constitué de versets coraniques, son port est permis au musulman, mais il ne doit pas être éternel. "Le prophète Mohamed (Psl) ordonnait de porter des versets pour certaines personnes malades ; c'est son fidèle Abou Addardahou qui était habilité à prescrire des talismans aux personnes malades qui venaient lui demander un soutien moral", explique M. Bousrha Habib Dièye, diplômé de l'université de Rabat (Maroc). "Cependant, s'empresse-t-il d'ajouter, le malade doit immédiatement se débarrasser de son gris-gris après guérison". Selon M. Dièye, le Prophète (Psl) "récitait des versets coraniques sur son corps et il n'a jamais porté de gris-gris, de même que ses enfants". A propos des cauris, des amulettes ou des cornes d'animaux, ils sont formellement interdits par la charia (loi islamique), a-t-il martelé avant d'ajouter : "Moi, je ne porte jamais de gris-gris." Pour autant, souligne-t-il, il existe des versets coraniques destinés à la protection de l'individu et que le musulman peut réciter lorsqu'il a des problèmes ou lorsqu'il est alité. Il s'agit notamment de Ayatoul koursiyou (le verset du trône), Lakhad diakhoum ou Khoulwa alahou. D'où un musulman malade et ne sachant pas réciter les versets en question peut solliciter à ce sujet les services d'un marabout ou de toute personne maîtrisant le Coran. Quoi qu'il en soit, a-t-il souligné, "le bon musulman ne doit pas prendre comme prétexte le port des talismans pour expliquer sa réussite sociale ou sa chance, c'est le bon Dieu qui décide du sort de la personne". Ainsi il est formellement interdit de porter des gris-gris, a déclaré M. Dièye, regrettant le fait que "nos grands-parents y croient fermement et continuent d'en porter ; ce qui est contraire aux préceptes coraniques. Le bon musulman est protégé par ses prières, ses actes de bienfaisance et ses relations saines avec ses prochains et non par le port d'un talisman". "Il y a de la magie, des choses sataniques dans ces amulettes. C'est banni par l'islam", a conclu M. Dièye, professeur d'arabe en poste à l'Ecole normale supérieure de Dakar. Par : A. D. LY et S. B. SALL. Le Quotidien.

>>>> L'énorme bourde de Wade, le faux latiniste.

Monsieur le Président,
Je viens d'être conforté encore une fois dans l'idée que Latif Coulibaly a mille fois raison d'affirmer que vous vous mêlez de tout, que vous croyez tout savoir mieux que les professionnels de tel et tel métier. Citant en effet Mame Less Camara à la page 223 dans ce livre qui vous fâche il écrit : l'on n'y prend garde il (Wade) ira jusque dans les ateliers des mécaniciens pour leur apprendre à serrer des boulons. C'est avec beaucoup de consternation et d'indignation que j'ai lu votre discours répondant à celui du professeur Momar Samb Ndiaye parce que j'ai cru mal entendre en vous écoutant. A la page 14 du quotidien le Soleil daté du 29/07/03, on lit comme sous titre : faber fit faciendo. Je n'avais pas encore fini de marquer ma surprise, lorsque poursuivant ma lecture, je découvris que la citation était bien de vous. C'est de votre bouche même qu'est sortie une pareille énormité que vous osez appeler maxime latine. Léopold Sedar Senghor a dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe. Feu mon professeur de lettres classiques Henry Legrand la qualifierait de barbarisme. Comment une pareille bourde a pu être commise par vous ? On se pose de questions. Je n'ose pas imaginer que vous allez encore indexer un de vos conseillers qui serait à l'origine de cette inculture notoire. M. le Président, sachez que la vraie formule de la maxime latine à laquelle vous faites allusion est : Fabricando fit faber que vous traduisez fort justement par . Ne seriez-vous pas plus inspiré de vous contenter de la traduction ? Je prends à témoins tous les professeurs de lettres classiques et surtout mes camarades de promotion dont j'entends le rire goguenard que la formule est inexacte. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour étaler vos pseudo-connaissances de la langue de Cicéron. Vous vous adressiez à de brillants élèves et à une assemblée éminente d'intellectuels. Tout professeur de lettres même débutant qui apprend à ses élèves l'art de construire et de rédiger une dissertation les met en garde contre une faute grave qu'il ne faut pas commettre, à savoir qu'il ne faut jamais citer incorrectement. Peut-être que votre député-griot-la science ne vous l'a pas encore enseigné. En terminant, je vous invite à avoir plus de modestie et à méditer ce vers de Boileau : Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent.
Par : M. Thomas TINE Professeur de lettres classiques retraité. Walfadjiri.

>>> Au bon vieux temps des colons
L'honorable Serigne Abdoul Ahad Mbacké (paix et salut sur lui) 3e khalife du mouridisme philosophe et bâtisseur disait : «Seul, celui qui vient de l'ancienne cité est compétent pour raconter aux nouveaux habitants, ce qui s'est passé.» En tant qu'acteur et témoin (chef de canton de Mbayard Thiédar, actuelle sous-préfecture de Ndoulo), vous me permettrez de porter à la connaissance de la jeune génération née après l'indépendance, l'organisation économique dans le monde rural par la puissance coloniale - le monde rural qui fait actuellement couler beaucoup d'encre et de salive. Je me limiterais tout simplement à livrer à la presse mon intervention au cours d'une séance plénière du défunt Sénat. J'ajouterais que cette situation devient de plus en plus catastrophique car rien de positif pour apporter des solutions souhaitables aux problèmes cités n'a été fait, au niveau des distributions des semences, au niveau de la commercialisation et même au niveau des services techniques agriculture, élevage etc. Je suis de ceux qui sont convaincus que tout le système colonial n'était pas si mauvais. Particulièrement l'organisation économique du monde rural dans le Bassin arachidier. Comme vous le savez, la puissance coloniale de cette époque avait installé des sociétés de prévoyance dont les habitants adultes étaient des adhérents et s'acquittaient chaque année des cotisations en nature (arachides) et en espèces. Ces cotisations ont permis la constitution de l'important capital semencier, fruit de beaucoup de rigueur, car l'Etat n'avait en aucun cas participé à la constitution de ce capital. Les ruraux n'ont connu aucune difficulté sur le plan semencier, vivrier et même technique avec l'appui des services de l'agriculture. Sur le plan de la commercialisation, les points de traite étaient des lieux de jouissance, de prospérité, de joie. Nos amis peuhls rythmaient ce chant par leurs violoncelles : «Traite arri, mboumbay arri» . Il y avait un point de traite dans le département de Diourbel (Ndoulo) que les populations comparaient aux trois mois de traite avec le paradis. Aujourd'hui ces centres sont dans la désolation, les infrastructures en ruine habitées par les chauve-souris. C'est le début de l'exode rural. Tout simplement en politique et en économie il ne faut ne rien supprimer brutalement, mais vivifier et faire fructifier. Avec l'indépendance, l'équipe de la loi-cadre avait soif de précipiter les réformes qui consistaient à supprimer l'économie de traite sans tenir compte des éléments positifs de cette organisation pour remplacer les sociétés de prévoyance qui fonctionnaient depuis un demi-siècle. Et pour la commercialisation, ils avaient mis en place l'Oca (Office de commercialisation agricole) comme courtier. Que s'est-il passé après tout ça ? Tout le monde le sait ! Les coopératives, comme disait le président Senghor, étaient dirigées par les riches et les politiciens et leur fonctionnement n'était qu'entre les mains des peseurs et du président. Quant à l'Oca, il était devenu maître absolu de la commercialisation alors qu'il ne devait jouer qu'un rôle de courtier des coopératives ; et exigera la livraison des graines pures, créa le système en connivence avec les industriels, le prélèvement des échantillons pour l'analyse de la qualité de graines sans l'implication des représentants de coopérative (cette absence de participation des paysans à la gestion de leur propre affaire), ce qui permettra à l'Oca de sanctionner facilement les coopératives avec les abattements sur les tonnages, sur le déchet, sur le transport pour confisquer les ristournes dont ils avaient droit après commercialisation. Ces pratiques - non connues par nos paysans qui vendaient aux traitants qui recevaient aussitôt leur dû sans abattement, sans déficit de transport et sans dépôt - avaient découragé les paysans pour les détourner du mouvement coopératif. Avec cette déception débuta l'échec du mouvement coopératif qui pourtant a fait ses preuves dans le monde depuis les tisserands anglais. Le gouvernement mettra en place les mutualistes. L'Oncad et les Smdr n'ont pas donné les résultats qu'on attendait d'eux, compte tenu de la mauvaise gestion et des mauvais débiteurs dont une catégorie obtenait d'énormes prêts de semences, de vivres, d'engrais qui non destinés à la terre et qui se débrouillaient toujours pour obtenir l'épongement des dettes. C'est la pression de l'opposition qui obligera le gouvernement à réformer l'Oncad. Le président de la République toujours infatigable mettra en place une autre organisation la Sonar laquelle non plus n'a pas donné satisfaction. Une fois de plus, le président mettra en place par la loi n° 8307 de janvier 1983 les sections villageoises. Là aussi avec la lourdeur du système à 544 sections, le manque d'accompagnement pour l'encadrement nécessaire, cette réforme ne donnera pas satisfaction. Ces coopératives villageoises ne fonctionnaient qu'en veilleuse. Et les rares paysans qui y allaient le faisaient tout simplement par nostalgie des anciennes sociétés de prévoyance pour obtenir des semences ou du matériel après avoir payé des cotisations. Mais un grand nombre de ces paysans ne reçoivent rien en contrepartie. C'est pourquoi, on ne peut ne pas sourire lorsqu'on entend parler de représentants, de partenariats çà et là du monde rural alors que la seule organisation légitime est la section villageoise. En tout cas depuis la disparition de l'Oncad, la seule organisation légitime née de la Nouvelle politique agricole (Npa) objet de la loi précitée dans le monde rural, particulièrement le Bassin arachidier, est les sections villageoises qui se trouvent dans l'impossibilité de fonctionner normalement faute des moyens pourtant prévus dans la réforme. Actuellement un amalgame d'organisation (Ong, Banques, Cncr, Association des présidents de communautés rurales etc.) sillonnent le territoire et osent signer des contrats et s'érigent en défenseur des ruraux. Sur quel droit s'appuient-ils ? (…) La Commission de l'agriculture du Conseil régional avait souhaité obtenir des renseignements plus détaillés pour la mise en place de l'Ancar avant de se prononcer. J'aimerais obtenir plus de détails concernant cette création qui nous semble plus proche de l'Oncad mais qui n'a pas tenu compte de tous les facteurs ayant causé l'échec des réformes précédentes et qui sont en contradiction (…) avec les réformes des collectivités locales et dont le principe est la proximité. Je pense donc que la direction générale créée au sein de cet organisme ressemble beaucoup à celle de l'Oncad avec la lourdeur et les décisions qui ne viennent que du building. On me dira certes que les dix directions régionales ont leur autonomie. Je répondrais que les dix agences régionales de l'Oncad avaient elles aussi leur autonomie. Mais cela n'a pas empêché le blocage de leur fonctionnement. Il ne faudrait pas mélanger la chèvre et le chou ; le paysan ne peut être le partenaire de l'industriel, du banquier des Ong etc. Ce que je vous proposerais au ministre de l'Agricuture, c'est le retour à l'ancien système des sociétés de prévoyance. Sur ce plan de l'organisation des populations qui consistent à apporter un amendement en ce qui concerne l'allégement des sections villageoises qui comprend au niveau de Diourbel 544 et 87 coopératives rurales ; alors que l'ancienne organisation des sociétés de prévoyance comprenait pour l'ensemble de la région de Diourbel 43 dont les infrastructures existent jusqu'à présent sauf quelques-unes victimes (…) d'une mascarade de la part de ceux qui étaient chargés de la liquidation de l'Oncad. (…) La planification qui a été mise en place par le président Mamadou Dia (plan Lebret) n'était pas mauvaise malgré l'échec constaté au niveau de toutes les réformes appliquées dans le monde rural parce que tout simplement ce projet est mort dans l'œuf avec le regrettable coup d'Etat. (…) L'alternance (…) ne doit pas bomber la poitrine car comme tout le monde ou une bonne partie des populations du monde rural est mécontente, le manque de semences prouve si besoin est que les résultats ne sont pas les meilleurs. (…) Mais le monde rural doit se prendre en charge et sortir de son silence habituel pour s'organiser comme toutes les professions nationales. Dans ce pays, qui est un pays de ténor, le silence tue. Il y a trop d'organisations. Sauf les paysans du monde rural. Tous les projets annoncés pour réduire la pauvreté ne seront viables que si la base a le dernier mot. Comme disait l'autre «ce que vous faites sans moi, vous le faites contre moi». Une organisation quelle qu'elle soit doit être connue et acceptée par la base, laquelle doit influer sur le sommet et non l'inverse qui est une pratique actuelle depuis l'indépendance. (…) Ex-Sénateur de Diourbel Coordinateur régional des Centres de groupages de l'Oncad. Par : Oumar Bayo FALL

>>>> Le gang des hypnotiseurs sévit à Dakar
Un gang à la main magique sévit à Dakar. Ils viennent, vous saluent, vous demandent votre argent, votre portable ou vos bijoux. Vous vous exécutez et, tel un somnambule, vous rentrez tranquillement chez vous. Et c'est une fois arrivé à domicile que vous vous rendez compte du désastre. La mésaventure est arrivée à plusieurs personnes qui ont saisi la police. Et dans les commissariats comme à Dieuppeul, les plaintes commencent à s'accumuler.
Ils sont trois. "Deux vieux avec les cheveux blancs et un jeune homme qui porte une casquette". Ces trois individus activement recherchés par toutes les polices de Dakar, utilisent ce qu'on a appelé l'hypnose pour escroquer les passants. Une fois leur pigeon localisé, ces trois malfrats viennent devant lui, le saluent tranquillement et lui demandent de leur remettre ce qu'il a par-devers lui, que cela soit de l'argent, un portable ou des bijoux. Et leur victime, sans même comprendre pourquoi, leur remet "volontairement" ce qu'ils lui demandent... tout en se fendant en remerciements ! Selon des informations recueillies à la police, "la plupart des victimes ne remarquent qu'on les a escroquées qu'une ou deux heures après les faits. Et une fois qu'elles ont repris leurs esprits, elles se rappellent de toute la scène et même du visage des escrocs". Mieux, précisent nos sources, "la plupart des victimes qui ont porté plainte au commissariat de Dieuppeul reconnaissent que, pour ce qui est de ce secteur, les escrocs sont au nombre de trois et qu'ils exercent au terminus de Liberté V près des locaux de l'agence de la Société générale de banques du Sénégal (Sgbs) où ils attendent patiemment que les gens touchent leurs salaires ou leurs envois par Western Union, pour leur demander tranquillement de le leur remettre". D'ailleurs, ce secteur est surnommé "jatcounda" par les policiers de Dieuppeul. Même si nous n'avons pas pu recueillir des témoignages de victimes, nos sources policières affirment "qu'elles sont de plus en plus nombreuses". En tout cas, les victimes qui ont eu à raconter aux policiers "leur aventure incroyable et absurde" soutiennent que "le jeune" qui accompagne "les deux vieux" a un accent d'étranger. La persistance de cette escroquerie par hypnose peut, à la longue, être à l'origine d'une hystérie sociale comme ce fut le cas avec ceux qu'on avait surnommés "les voleurs de sexe". En tout cas, la police doit vite se mobiliser pour mettre un terme à leurs méfaits, car "les trois individus" sont en train de faire des ravages à Dakar. S'ils sont seulement trois, évidemment... Par : Cheikh Mbacké GUISSE. Le Soleil.

>>>> Que des 605 break et des limousines pour les taxis-brousse
Article 1
Depuis l'entrée en vigueur du décret 2001-72 du 26 janvier 2001 limitant à 5 ans l'âge des véhicules usagés importés, les importateurs multiplient les démarches pour se faire entendre des autorités. Ils ne sollicitent pas d'elles qu'elles reviennent sur la mesure, mais seulement qu'elles accordent un délai pour ceux d'entre eux qui avaient passé commande auprès de leurs fournisseurs bien avant le 14 juillet dernier. Les importateurs de véhicules automobiles usagés ont été pris au dépourvu par l'entrée en vigueur, depuis le 14 juillet dernier, du décret 2001-72 du 26 janvier 2001. La note de service du directeur général des Douanes, signée le 14 juillet dernier, porte à la connaissance des différents directeurs des services douaniers l'interdiction dans le territoire douanier de toutes mises à la consommation de véhicules dont l'âge est supérieur à cinq ans. Mais elle a provoqué l'ire des importateurs qui estiment que la mesure doit être revue. "Certains importateurs avaient déjà passé des commandes auprès de leurs fournisseurs établis en Europe, et ils risquent de se trouver confrontés à des problème financiers, d'autant plus que les voitures dont l'âge est supérieur à cinq ans sont interdites d'entrée dans le territoire douanier. Ce qui va engendrer un énorme manque à gagner pour nos camarades qui ont déjà des véhicules dans les différents ports européens", soutient Ibrahima Seck, importateur établi en face de la Banque de l'habitat du Sénégal (Bhs). Pour cet importateur, les autorités doivent accorder un délai de grâce afin de permettre à ceux qui ont des commandes d'acheminer leurs marchandises au Sénégal et de respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs. "Nous donnons des avances à nos clients européens qui ont confiance en nous et nous accordent des délais de paiement. Cette mesure peut tout chambouler en ce sens qu'elle ne prend pas en considération les véhicules déjà achetés en Europe et prêts à être embarqués", souligne Ibrahima Seck. Selon lui, l'application de la note de service du Dg des Douanes aura un impact sur le consommateur sénégalais. "Le pouvoir d'achat des Sénégalais est tel qu'acheter un véhicule dont l'âge est inférieur ou égal à cinq ans n'est pas à la portée de tout le monde. Beaucoup de véhicules que nous avions dans notre parc et dont l'âge est de cinq ans sont restés plus d'un an sans trouver acquéreur. Certaines marques se vendent à plus de 10 millions de francs Cfa", souligne Ibrahima Seck. A titre d'exemple, illustre-t-il, une Mercedes de classe C mise en circulation en 1994 est vendue à 8 millions de francs Cfa. La C220 fabriquée en 1997 est cédée à 12 millions. Si ces catégories de véhicules sont âgées de 5 ans, elles sont vendues à 20 millions de francs Cfa. "Cette 306, toutes options, montre-t-il du doigt, qui est en fin de série, mise en circulation en 1996, est cédée à 4 millions de francs. Un véhicule âgé de moins de cinq ans coûte donc plus cher", explique Ibrahima Seck. Son collègue, Khalifa Samb, abonde dans le même sens. "Que les autorités nous accordent un délai transitoire. Voilà tout ce que nous voulons, résume l'importateur du parc de la Bhs. Nous avons même introduit des demandes d'audience auprès des autorités compétentes pour discuter avec elles de l'application du décret", fait-il savoir. Selon Pape Mbaye, importateur ayant pignon sur la rue 25 x boulevard Général De Gaulle, par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des transports routiers, un délai de grâce est plus que nécessaire. "Nous avons les mêmes préoccupations par rapport à l'application du décret 2001-72. Si les autorités ne peuvent pas augmenter la moyenne d'âge des véhicules importés, qu'elles nous accordent alors un délai transitoire", martèle M. Mbaye. Quand bien même Babacar Gassama du parc de Liberté 6 partage l'avis que ses collègues, il n'en demeure pas moins qu'il est pour une limitation des véhicules importés. "Voilà des années que j'exerce dans l'importation de véhicules, mais nous devons nous dire la vérité. Le marché est aujourd'hui saturé du fait de l'importation tous azimuts", soutient-il. Pour étayer ses propos, l'importateur prend l'exemple du port de Dakar. "Le port est transformé en un véritable parc où les opérateurs étrangers font la pluie et le beau temps. Ils se contentent de vendre leurs marchandises sous douane pour prendre ensuite l'avion et revenir quelques jours après. Tous ces véhicules dans le port ne peuvent pas circuler à Dakar. Leur volume est égal à la population de la capitale. Tout cela mérite donc des mesures draconiennes", indique Babacar Gassama. A l'en croire, ce ne sont pas les véhicules importés qui contribuent à la pollution de l'environnement, comme le laissent croire certains personnes qui se réfugient derrière le nouveau Code de l'environnement. "Aucun importateur ne va en Europe avec plus de 35 millions de francs Cfa pour acheter des véhicules polluants. Ce sont les "cars rapides", ndiaga ndiaye et "clandos" qui en sont à l'origine", dit-il. Autre problème qui préoccupe les importateurs, celui lié à la mutation des véhicules. "Les responsables du Service des mines n'acceptent pas que nous leur présentons des certificats de perte pour muter nos véhicules importés. Alors que nous achetons en Europe ces véhicules avec les certificats de perte et les dédouanons ici avec ces mêmes pièces que le Service des mines récuse. Voilà un autre problème auquel nous aimerions que les autorités apportent des solutions", relève Khalifa Samb, importateur établi en face de la Bhs. Pour mieux s'organiser et défendre leurs intérêts, les importateurs et vendeurs de véhicules automobiles usagés et de pièces détachées organisent le jeudi 7 août prochain une assemblée générale dans les locaux de la commune d'arrondissement de la Médina.

Article N°2 :
Affolement sur le marché des "venant" : L'application du décret 2001-72 rendue effective par la note de service du directeur général des Douanes inquiète les consignataires, manutentionnaires, transitaires et... douaniers regroupés au sein de la Communauté des acteurs portuaires (Cap).
Dans sa correspondance en date du 24 juillet dernier adressée au Dg des Douanes, la Cap qui accuse réception de la note de ce dernier attire cependant l'attention de M. Boubacar Camara sur les difficultés d'application de telles dispositions qui risquent de porter préjudice à tous les importateurs et consommateurs. "En effet, explique la Cap, la formulation de ce décret ne nous semble pas claire et les âges limites requis pour la mise en consommation très bas compte tenu du pouvoir d'achat des Sénégalais et compte tenu des voitures déjà en circulation". Les dispositions du décret 2001-72 relatif à la réglementation de l'importation des véhicules automobiles usagés interdit, depuis le 14 juillet dernier, dans le territoire douanier, toutes les mises en consommation de véhicules de tourisme dont l'âge est supérieur à cinq ans (voir Walf du vendredi 25 juillet dernier). La décision ne vise pas les véhicules se trouvant avant le 14 juillet dernier dans le territoire douanier. "Conformément aux dispositions de l'article 9 du Code des douanes, bénéficient de la clause transitoire les véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés importés que l'on justifie avoir été expédiés directement à destination du territoire douanier avant la date d'application de la présente note de service", rappelle le patron de la douane sénégalaise.
Cependant, la Communauté des acteurs portuaires n'est pas enchantée par de telles dispositions dont la date d'application "ne tient pas compte de la réalité du transport maritime ni du projet de décret abrogeant et remplaçant le décret 2001-72 du 26 janvier 2001". Les manutentionnaires, transitaires, consignataires et transporteurs maritimes estiment que l'Administration douanière doit attendre l'entrée en vigueur du nouveau décret en cours d'élaboration. Mieux, les acteurs portuaires prient le Dg des Douanes de différer pour au moins trois mois sa note circulaire signée le 14 juillet dernier. Selon un transporteur maritime qui a préféré garder l'anonymat, les navires qui sont déjà en mer ne peuvent pas retourner à leurs ports d'attache avec leurs containers de véhicules. "Avant la signature de la note de service du Dg des Douanes, des navires étaient déjà chargés et des importateurs avaient aussi fini de remplir leurs formalités portuaires en Europe. Ce qui fait que les dispositions du décret vont causer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront. D'autant plus que les importateurs ont déjà payé tous les frais liés au transport de leurs marchandises", souligne-t-il. Les autorités, suggère le transporteur maritime, doivent faire comme tous les pays de l'Afrique de l'Ouest. "A savoir relever l'âge limite des véhicules importés entre 8 et 10 ans, instaurer une surtaxe pour les véhicules de plus de 10 ans, mettre sur pied une visite technique d'aptitude digne du nom. Il faut souligner que tous les véhicules importés ont leur visite technique en Europe. Alors que des véhicules en circulation à Dakar complètement amortis sont aptes à la visite technique. Ce qui ne manque pas de poser problème au niveau de la mobilité urbaine et de la préservation de l'environnement. Il faut donc un renouvellement en interne du parc automobile, y compris les véhicules dits particuliers", propose-t-il. Le secrétaire général de l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal pour le développement économique et financier (Unacois-Def) est d'avis que des mesures d'accompagnement doivent être prises par les autorités compétentes. "Un véhicule âgé de cinq ans en Europe est un véhicule neuf. Les Sénégalais ont besoin de véhicules pour assurer leur déplacement. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas mettre en application le décret 2001-72, mais il fallait accorder un délai aux importateurs pour leur permettre de dédouaner leurs véhicules qui sont en mer. En plus, l'Etat doit procéder au renouvellement de tout le parc automobile", indique Ibrahima Lô. Il n'appartiendra pas au patron des Douanes d'accorder un délai de grâce aux importateurs. "En principe, c'est le ministre du Commerce qui doit accorder des dérogations comme nous sommes dans le cas d'une restriction du commerce. Le Dg des Douanes ne fait qu'appliquer les droits de douane et la décision de restriction de telle ou telle autre marchandise importée. La note de service du Dg est fidèle au décret 2001-72, mais il appartient au ministre du Commerce d'accorder des délais", souligne un cadre de l'Administration douanière. Ce fonctionnaire des douanes reconnaît que limiter l'âge des véhicules importés à 5 ans est dur pour les consommateurs. "Même les jeunes douaniers qui veulent acquérir un véhicule seront touchés par la mesure. Nous sommes donc tous concernés ", relève-t-il.

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