| LA REVUE
DE PRESSE DE LA SEMAINE
Du plus drôle au plus anecdotique
>>>>Le ñaam Jood à Kolda
: Et si la légende était fausse ?
Médina Sabakh, la cité du Ngoyane, dans les profondeurs
du Saloum, est réputée dans la sédentarisation des hommes en quête
de bien être, de sensations et de plaisir des sens. Une caractéristique
que cette contrée partage avec Kolda. A la seule différence que
Kolda retiendrait les hommes non par des mélodies et des rythmes,
mais par ce qu'on appelle ñaam Jood dans la langue du terroir.
Une situation installant parfois la polémique entre autochtones
et résidents. Ceux qui finissent toujours par élire domicile à Kolda
croient dur comme fer à cette légende. Tandis que les koldois bon
teint invoquent un cadre naturel enchanteur où tout est accessible.
Le Quotidien vous transporte au centre de la controverse ñaam
Jood, une expression pulaar qui fait la réputation du Fouladou qui
signifie «Mangez puis vous restez». Lorsqu'on parle
de la célébrité ou particularité des régions telles que Kaolack,
Fatick et Saint-Louis, l'on fait allusion à des animaux totems comme
«Mbossé Coumba Jigeen», «Mame Mindis» et
«Mame Coumba Bang». Kolda, capitale du Fouladou, elle,
est symbolisée par une croyance populaire : ñaam Jood. C'est
une imagerie populaire qui veut que ceux qui séjournent dans cette
sphère géographique finissent toujours par s'y installer. Et les
raisons de cette croyance surnaturelle serait contenues dans l'alimentation.
Ainsi, ñaam Jood doit signifier : reste qui mange. La légende
veut donc qu'à Kolda, les étrangers ou visiteurs soient liés, sans
le vouloir au terroir. Seulement, ce pouvoir du ñaam Jood
n'est pas unanimement reconnu. Au premier chef de ceux qui contestent
ce fait bâtisseur du mythe des lieux, certains Koldois. Et les développements
fusent, s'inspirant des facilités qu'offre Kolda. L'argumentaire,
qui se veut cartésien, soutient : «Le phénomène du ñaam
Jood n'existe pas ou du moins n'existe plus ; ce qui existe, c'est
la facilité de la vie. Kolda, bien que considérée comme la région
la plus pauvre du Sénégal, a la particularité d'être la région aux
multiples avantages naturels. Oui, elle est bien pourvue par une
nature généreuse.» Kolda, à travers ses richesses naturelles,
surtout en bois, est considérée comme la région d'origine du bois
de venn.
Illustrations : «Jamais, il ne se passe un jour sans que l'on
voit des camions frigorifiques, de retour d'une livraison de poissons,
ou des voitures de type Ndiaga Ndiaye ne retournent vers ce qui
est communément appelé ici le nord avec à bord, des meubles de toutes
sortes appartenant soit à des fonctionnaires affectés ou bien à
des Baol Baol qui, maintenant, préfèrent presque la destination
Kolda à celle de Brescia en Italie.» Une situation qui fait
dire à Ousmane Diallo, un Koldois de naissance : «Kolda est
la seule région où le fonctionnaire bien organisé s'équipe
dès sa première année, le lit double y coûte cent dix mille
francs Cfa, tandis qu'une armoire à quatre battants y coûte
vers cent cinquante mille francs Cfa et le salon et la table à manger
cent cinquante mille francs Cfa. Allez à Dakar demander le prix
de tous ces meubles, et vous comprendrez les raisons pour lesquelles
les gens restent souvent à Kolda.»
A. Mané, lui, est menuisier originaire de Kaolack. Arrivé à Kolda
vers les années 80 pour y monnayer son talent d'artisan du bois,
celui que ses clients appellent affectueusement Azou, est maintenant
propriétaire d'un grand atelier de menuiserie avec une vingtaine
d'apprentis. Azou déclare y être marié avec une Koldoise et père
de quatre enfants. Pour lui, il doit beaucoup à cette ville et ne
compte pas rentrer de sitôt. Interpellé sur la fréquence de
visites à ses parents Azou déclare : «Je pars les voir une
fois par an, à la Tabaski, mais maintenant cela devient de plus
en plus improbable avec la famille qui s'agrandit.» Interrogé
sur le phénomène du ñaam Jood, Azou pense que cela n'existe
pas. Arguments à l'appui, il se défend : «Moi je suis resté
à Kolda parce que je m'en sors beaucoup plus ici qu'à Kaolack que
je ne maîtrise plus. D'ailleurs le Sénégalais est partout
chez lui.»
Sow, lui, est policier municipal. Il ne se plaint plus de sa radiation.
Il est propriétaire de l'une des plus grandes scieries du Fouladou.
Confidences d'un policier radié qui a réussi sa reconversion avant
la réinsertion dans la police municipale : «Je n'ai pas hâte
d'une affectation car je ne me plains pas à Kolda.» Cette
ville, en dehors de la menuiserie qui y est développée, offre d'autres
opportunités. Elle a aussi la réputation d'avoir des fruits pendant
les douze mois de l'année. L'abondance concerne également le miel,
le lait et la viande. Pour la viande, il est important de souligner
que la région abrite le quart du cheptel national. Concernant le
lait, il est considéré comme le produit le plus utilisé pour véhiculer
le ñaam Jood. C'est un produit qui fait la popularité du
Fouladou car disponible pendant toute l'année. Le prix du litre
de lait varie entre deux cents et deux cent cinquante francs Cfa.
Du côté de l'immobilier, un appartement quatre pièces revient
à un prix mensuel de quarante mille francs Cfa.
Last but not least, la beauté de la femme koldoise fait que la capitale
du Fouladou est aussi appelée «Saré Soukabé» c'est-à-dire,
la ville des jeunes filles. La légende raconte même que la ville
fut fondée par un certain berger, du nom de Coly, qui a fait la
rencontre d'une très belle femme du nom de Dado. D'ailleurs certains
n'hésitent pas à appeler Kolda, Coly-Dado. D'autres avancent même
que les Koldoises ont hérité de la beauté de cette «Dabo».
La plupart des fonctionnaires, professeurs, instituteurs, policiers
et militaires n'hésitent pas à y prendre femme. Car, défie S. Diao,
un natif de Kolda : «La femme du Fouladou est irrésistible
de par sa beauté.» Et, I. Fall, professeur au lycée à Kolda
confie : «Lorsqu'on m'a affecté à Kolda en 1996, j'avais laissé
à Thilogne une copine. D'ailleurs, nos parents étaient d'accord
qu'on se marie, mais depuis que je suis arrivé ici, c'est la rupture.
J'ai refait ma vie en me mariant à une koldoise.» Aussi, y
a-t-il l'histoire croustillante du gardien de la paix qui a préféré
garder l'anonymat. Voici son odyssée à Kolda : «J'ai fait
seize ans dans cette ville. A l'époque, les singes envahissaient
le centre ville sans être inquiétés. Je suis marié et père de six
enfants basés à Dakar, mais depuis que j'ai pris deux autres femmes
à Kolda, j'ai rarement des nouvelles de ma famille basée à Dakar.»
Ce sont là autant de témoignages qui font dire à un Koldois que
le ñaam Jood n'existe pas. C'est que les gens s'installent
définitivement à Kolda car les meubles sont à bon prix, le logement
facile, la nourriture et la boisson naturelles telle que le lait,
disponibles toute l'année. Les femmes du Fouladou sont aussi belles
et de teint clair. Si les Koldois eux considèrent le ñaam
Jood comme un mythe, les étrangers eux, y croient dur comme fer.
Le ñaam Jood est bien une réalité, car rien ne justifie la
sédentarisation rapide et massive des étrangers à Kolda. Seul le
ñaam Jood peut expliquer cet état de fait. En plus, Kolda
abrite en son sein des lieux et symboles historiques qui ont la
réputation d'avoir des pouvoirs de rétention vis-à-vis des non koldois.
Au premier rang de ces symboles mythiques, l'arbre Moussa Molo Baldé,
du nom de ce géant caïlcédrat qui est situé au milieu de la
route qui mène au camp militaire, au quartier Doumassou, et qui
porte le nom du célèbre roi guerrier peulh Moussa Molo Baldé. L'arbre
Moussa Molo Baldé, bien que célèbre de par sa taille et son nom,
est surtout célèbre à cause de sa réputation, comme quoi une fois
contourné à sept reprises par un non koldois, celui-ci pourrait
ne plus retourner à ses origines. Ainsi, de l'avis de beaucoup de
fonctionnaires, c'est parce qu'ils ont inconsciemment contourné
l'arbre Moussa Molo que toutes leurs tentatives de demande d'affectation
vers le nord du pays sont vouées à l'échec. Par conséquent, ils
sont obligés de continuer leur service à Kolda. Ils y achètent une
maison, y prennent leur retraite puis s'y installent définitivement.
En plus de l'arbre Moussa Molo, il y a le tata de Moussa Molo ou
bien sa cour royale actuellement en ruines, située à Ndorna, à une
cinquantaine de kilomètres de Kolda. Une localité célèbre entre
autres par son étendue (trois fois plus grande que le département
de Thiès). Ce tata de Moussa Molo a aussi la réputation, à l'image
de l'arbre qui porte le même nom, de détenir des pouvoirs de maintenir
les étrangers, mais aussi des pouvoirs de malédiction qui empêchent
toute possibilité de réussite dans ses entreprises pendant un an,
une fois que l'étranger y met les pieds.
Une autre version : le ñaam Jood est utilisé à travers le
lait caillé. Pour d'aucuns, c'est une poudre mystique versée au
milieu de la tête de l'individu à travers des caresses, ou bien
versée dans la marmite au moment de la cuisson. Laquelle poudre
aurait pour effets de détourner toute pensée de l'étranger vers
sa région d'origine. Pour l'heure, étrangers et Koldois ne parlent
pas le même langage concernant le ñaam Jood : Si les uns
soutiennent qu'il y a du surnaturel dans ce qui les retient, les
autres préfèrent la thèse du milieu accueillant. Malgré ces divergences
d'appréciation, une constante : de plus en plus d'étrangers prennent
la «nationalité fouladou». Au grand malheur de leurs
familles et proches parents restés au nord du pays, sous le couvert
du prétexte que «góor dëkkul fenn» qui signifie
: «L'homme n'habite nulle part.» Le ñaam Jood
lui, continue de hanter l'imaginaire social. Moussa THIOR. Le Quotidien.
>>>> L'hécatombe
du bétail
A la recherche de pâturages, c'est de véritables hécatombes qui
se sont dressées devant le bétail du département de Podor notamment
autour des forages qui ont surtout manqué d'eau. C'est qu'en fait,
il s'est trouvé qu'au niveau de certains forages selon l'Inspecteur
départemental de l'Elevage Mamadou Bâ " nos éleveurs qui ont
quitté le département de Podor ont fait face à des rétentions d'eau
des éleveurs résidants. Ils se sont vus taxer entre 25 à 50.000
CFA avant de pouvoir d'abord compter leurs animaux et de payer 700
francs CFA par tête pour pouvoir les abreuver. " Tenez-vous
bien ! Lors d'une tournée que nous avons effectuée durant la première
semaine du mois d'avril dernier à Lagbar, nous avons trouvé quelques
éleveurs de Podor qui n'ont pu abreuver leur bétail qu'à 3 heures
du matin. La semaine qui a suivi, le forage est tombé en panne.
" Une véritable hécatombe qui a causé la mort de bonnes dizaines
de bovins, des ânes et même de petits ruminants qui étaient moins
éprouvés mais qui mourraient de soif. " Nous sommes revenus
au forage de Namarel. Là également, nous avons trouvé une situation
plus ou moins pareille parce que tout le bétail qui se trouvait
à Lagbar est revenu à Namarel faisant que le forage ne pouvait pas
supporter l'abreuvage ", ajoute Mamadou Bâ. Autrement dit,
au niveau des forages de : Aéré-Lao, Ndiayenne, Gueye Kadar, Pithie
très réputés pour leur affluence assez importante à certaines périodes
de l'année, c'est le même constat souligne l'Inspecteur de l'Elevage
de Podor. " Des cadavres qui jonchaient les alentours. Les
mortalités recensées au niveau de forages de Namarel, Yaré Lao et
Mbiddi entre les mois de Mars et Juillet 2003 sont lourdes. 223
cadavres à Namarel plus de 2/3 de bovins, 245 à Yaré-Lao dont un
peu ^plus des 2/3 en bovins et 137 cadavres à Mbidi dont les 4/5
en bovins. De telles sortes que la situation cette année a montré
un bétail très éprouvé. Les pourtours étaient plus ou moins assez
rares, les graines de coton également et les éleveurs d'avoir de
la peine à nourrir leur bétail. " . Aujourd'hui que les premières
pluies ont commencé à tomber dans la zone, l'espoir pourrait renaître
dans certains forages comme Namarel. Avec une bonne levée, les petits
ruminants sont presque satisfaits estime Mamadou Bâ. Les bovins
commencent à se débrouiller. à Guèye Kadar, à Rawane ou la première
pluie est intervenue, il y a une semaine, on a noté une bonne levée
d'herbes même si le pâturage n'est pas encore totalement couvert.
Au niveau de Galoa, Aéré-Lao et Bokijalobé, les pâturages sont assez
bons jusqu'à Aéré-Lao et les bovins commencent à se débrouiller.
La mise en place des aliments de bétail est effective dans certaines
communautés rurales, à Golléré et à Ndioum. Le Soleil.
>>>>Le port
des gris-gris est banni par l'islam
Selon l'islamologue Bousrha Habib
Dièye, par ailleurs coordinateur de la Commission nationale de concertation
sur le croissant lunaire, l'islam a une position médiane en matière
de port du gris-gris. En effet, si le talisman est constitué de
versets coraniques, son port est permis au musulman, mais il ne
doit pas être éternel. "Le prophète Mohamed (Psl) ordonnait
de porter des versets pour certaines personnes malades ; c'est son
fidèle Abou Addardahou qui était habilité à prescrire des talismans
aux personnes malades qui venaient lui demander un soutien moral",
explique M. Bousrha Habib Dièye, diplômé de l'université de
Rabat (Maroc). "Cependant, s'empresse-t-il d'ajouter, le malade
doit immédiatement se débarrasser de son gris-gris après guérison".
Selon M. Dièye, le Prophète (Psl) "récitait des versets coraniques
sur son corps et il n'a jamais porté de gris-gris, de même que ses
enfants". A propos des cauris, des amulettes ou des cornes
d'animaux, ils sont formellement interdits par la charia (loi islamique),
a-t-il martelé avant d'ajouter : "Moi, je ne porte jamais de
gris-gris." Pour autant, souligne-t-il, il existe des versets
coraniques destinés à la protection de l'individu et que le musulman
peut réciter lorsqu'il a des problèmes ou lorsqu'il est alité. Il
s'agit notamment de Ayatoul koursiyou (le verset du trône),
Lakhad diakhoum ou Khoulwa alahou. D'où un musulman malade
et ne sachant pas réciter les versets en question peut solliciter
à ce sujet les services d'un marabout ou de toute personne maîtrisant
le Coran. Quoi qu'il en soit, a-t-il souligné, "le bon musulman
ne doit pas prendre comme prétexte le port des talismans pour expliquer
sa réussite sociale ou sa chance, c'est le bon Dieu qui décide du
sort de la personne". Ainsi il est formellement interdit de
porter des gris-gris, a déclaré M. Dièye, regrettant le fait que
"nos grands-parents y croient fermement et continuent d'en
porter ; ce qui est contraire aux préceptes coraniques. Le bon musulman
est protégé par ses prières, ses actes de bienfaisance et ses relations
saines avec ses prochains et non par le port d'un talisman".
"Il y a de la magie, des choses sataniques dans ces amulettes.
C'est banni par l'islam", a conclu M. Dièye, professeur d'arabe
en poste à l'Ecole normale supérieure de Dakar. Par : A. D. LY et
S. B. SALL. Le Quotidien.
>>>> L'énorme
bourde de Wade, le faux latiniste.
Monsieur le Président,
Je viens d'être conforté encore une fois dans l'idée que Latif Coulibaly
a mille fois raison d'affirmer que vous vous mêlez de tout, que
vous croyez tout savoir mieux que les professionnels de tel et tel
métier. Citant en effet Mame Less Camara à la page 223 dans ce livre
qui vous fâche il écrit : l'on n'y prend garde il (Wade) ira jusque
dans les ateliers des mécaniciens pour leur apprendre à serrer des
boulons. C'est avec beaucoup de consternation et d'indignation que
j'ai lu votre discours répondant à celui du professeur Momar Samb
Ndiaye parce que j'ai cru mal entendre en vous écoutant. A la page
14 du quotidien le Soleil daté du 29/07/03, on lit comme sous titre
: faber fit faciendo. Je n'avais pas encore fini de marquer ma surprise,
lorsque poursuivant ma lecture, je découvris que la citation était
bien de vous. C'est de votre bouche même qu'est sortie une pareille
énormité que vous osez appeler maxime latine. Léopold Sedar Senghor
a dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe. Feu mon professeur
de lettres classiques Henry Legrand la qualifierait de barbarisme.
Comment une pareille bourde a pu être commise par vous ? On se pose
de questions. Je n'ose pas imaginer que vous allez encore indexer
un de vos conseillers qui serait à l'origine de cette inculture
notoire. M. le Président, sachez que la vraie formule de la maxime
latine à laquelle vous faites allusion est : Fabricando fit faber
que vous traduisez fort justement par . Ne seriez-vous pas plus
inspiré de vous contenter de la traduction ? Je prends à témoins
tous les professeurs de lettres classiques et surtout mes camarades
de promotion dont j'entends le rire goguenard que la formule est
inexacte. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour étaler vos pseudo-connaissances
de la langue de Cicéron. Vous vous adressiez à de brillants élèves
et à une assemblée éminente d'intellectuels. Tout professeur de
lettres même débutant qui apprend à ses élèves l'art de construire
et de rédiger une dissertation les met en garde contre une faute
grave qu'il ne faut pas commettre, à savoir qu'il ne faut jamais
citer incorrectement. Peut-être que votre député-griot-la science
ne vous l'a pas encore enseigné. En terminant, je vous invite à
avoir plus de modestie et à méditer ce vers de Boileau : Soyez plutôt
maçon, si c'est votre talent.
Par : M. Thomas TINE Professeur de lettres classiques retraité.
Walfadjiri.
>>>
Au bon vieux temps des colons
L'honorable Serigne Abdoul Ahad Mbacké (paix et salut sur lui) 3e
khalife du mouridisme philosophe et bâtisseur disait : «Seul,
celui qui vient de l'ancienne cité est compétent pour raconter aux
nouveaux habitants, ce qui s'est passé.» En tant qu'acteur
et témoin (chef de canton de Mbayard Thiédar, actuelle sous-préfecture
de Ndoulo), vous me permettrez de porter à la connaissance de la
jeune génération née après l'indépendance, l'organisation économique
dans le monde rural par la puissance coloniale - le monde rural
qui fait actuellement couler beaucoup d'encre et de salive. Je me
limiterais tout simplement à livrer à la presse mon intervention
au cours d'une séance plénière du défunt Sénat. J'ajouterais que
cette situation devient de plus en plus catastrophique car rien
de positif pour apporter des solutions souhaitables aux problèmes
cités n'a été fait, au niveau des distributions des semences, au
niveau de la commercialisation et même au niveau des services techniques
agriculture, élevage etc. Je suis de ceux qui sont convaincus que
tout le système colonial n'était pas si mauvais. Particulièrement
l'organisation économique du monde rural dans le Bassin arachidier.
Comme vous le savez, la puissance coloniale de cette époque avait
installé des sociétés de prévoyance dont les habitants adultes étaient
des adhérents et s'acquittaient chaque année des cotisations en
nature (arachides) et en espèces. Ces cotisations ont permis la
constitution de l'important capital semencier, fruit de beaucoup
de rigueur, car l'Etat n'avait en aucun cas participé à la constitution
de ce capital. Les ruraux n'ont connu aucune difficulté sur le plan
semencier, vivrier et même technique avec l'appui des services de
l'agriculture. Sur le plan de la commercialisation, les points de
traite étaient des lieux de jouissance, de prospérité, de joie.
Nos amis peuhls rythmaient ce chant par leurs violoncelles : «Traite
arri, mboumbay arri» . Il y avait un point de traite dans
le département de Diourbel (Ndoulo) que les populations comparaient
aux trois mois de traite avec le paradis. Aujourd'hui ces centres
sont dans la désolation, les infrastructures en ruine habitées par
les chauve-souris. C'est le début de l'exode rural. Tout simplement
en politique et en économie il ne faut ne rien supprimer brutalement,
mais vivifier et faire fructifier. Avec l'indépendance, l'équipe
de la loi-cadre avait soif de précipiter les réformes qui consistaient
à supprimer l'économie de traite sans tenir compte des éléments
positifs de cette organisation pour remplacer les sociétés de prévoyance
qui fonctionnaient depuis un demi-siècle. Et pour la commercialisation,
ils avaient mis en place l'Oca (Office de commercialisation agricole)
comme courtier. Que s'est-il passé après tout ça ? Tout le
monde le sait ! Les coopératives, comme disait le président Senghor,
étaient dirigées par les riches et les politiciens et leur fonctionnement
n'était qu'entre les mains des peseurs et du président. Quant à
l'Oca, il était devenu maître absolu de la commercialisation
alors qu'il ne devait jouer qu'un rôle de courtier des coopératives
; et exigera la livraison des graines pures, créa le système en
connivence avec les industriels, le prélèvement des échantillons
pour l'analyse de la qualité de graines sans l'implication des représentants
de coopérative (cette absence de participation des paysans à la
gestion de leur propre affaire), ce qui permettra à l'Oca de sanctionner
facilement les coopératives avec les abattements sur les tonnages,
sur le déchet, sur le transport pour confisquer les ristournes dont
ils avaient droit après commercialisation. Ces pratiques - non connues
par nos paysans qui vendaient aux traitants qui recevaient aussitôt
leur dû sans abattement, sans déficit de transport et sans
dépôt - avaient découragé les paysans pour les détourner du
mouvement coopératif. Avec cette déception débuta l'échec du mouvement
coopératif qui pourtant a fait ses preuves dans le monde depuis
les tisserands anglais. Le gouvernement mettra en place les mutualistes.
L'Oncad et les Smdr n'ont pas donné les résultats qu'on attendait
d'eux, compte tenu de la mauvaise gestion et des mauvais débiteurs
dont une catégorie obtenait d'énormes prêts de semences, de vivres,
d'engrais qui non destinés à la terre et qui se débrouillaient toujours
pour obtenir l'épongement des dettes. C'est la pression de l'opposition
qui obligera le gouvernement à réformer l'Oncad. Le président de
la République toujours infatigable mettra en place une autre organisation
la Sonar laquelle non plus n'a pas donné satisfaction. Une fois
de plus, le président mettra en place par la loi n° 8307 de
janvier 1983 les sections villageoises. Là aussi avec la lourdeur
du système à 544 sections, le manque d'accompagnement pour l'encadrement
nécessaire, cette réforme ne donnera pas satisfaction. Ces coopératives
villageoises ne fonctionnaient qu'en veilleuse. Et les rares paysans
qui y allaient le faisaient tout simplement par nostalgie des anciennes
sociétés de prévoyance pour obtenir des semences ou du matériel
après avoir payé des cotisations. Mais un grand nombre de ces paysans
ne reçoivent rien en contrepartie. C'est pourquoi, on ne
peut ne pas sourire lorsqu'on entend parler de représentants, de
partenariats çà et là du monde rural alors que la seule organisation
légitime est la section villageoise. En tout cas depuis la disparition
de l'Oncad, la seule organisation légitime née de la Nouvelle politique
agricole (Npa) objet de la loi précitée dans le monde rural, particulièrement
le Bassin arachidier, est les sections villageoises qui se trouvent
dans l'impossibilité de fonctionner normalement faute des moyens
pourtant prévus dans la réforme. Actuellement un amalgame d'organisation
(Ong, Banques, Cncr, Association des présidents de communautés rurales
etc.) sillonnent le territoire et osent signer des contrats et s'érigent
en défenseur des ruraux. Sur quel droit s'appuient-ils ? (…)
La Commission de l'agriculture du Conseil régional avait souhaité
obtenir des renseignements plus détaillés pour la mise en place
de l'Ancar avant de se prononcer. J'aimerais obtenir plus de détails
concernant cette création qui nous semble plus proche de l'Oncad
mais qui n'a pas tenu compte de tous les facteurs ayant causé l'échec
des réformes précédentes et qui sont en contradiction (…)
avec les réformes des collectivités locales et dont le principe
est la proximité. Je pense donc que la direction générale créée
au sein de cet organisme ressemble beaucoup à celle de l'Oncad avec
la lourdeur et les décisions qui ne viennent que du building. On
me dira certes que les dix directions régionales ont leur autonomie.
Je répondrais que les dix agences régionales de l'Oncad avaient
elles aussi leur autonomie. Mais cela n'a pas empêché le blocage
de leur fonctionnement. Il ne faudrait pas mélanger la chèvre et
le chou ; le paysan ne peut être le partenaire de l'industriel,
du banquier des Ong etc. Ce que je vous proposerais au ministre
de l'Agricuture, c'est le retour à l'ancien système des sociétés
de prévoyance. Sur ce plan de l'organisation des populations qui
consistent à apporter un amendement en ce qui concerne l'allégement
des sections villageoises qui comprend au niveau de Diourbel 544
et 87 coopératives rurales ; alors que l'ancienne organisation des
sociétés de prévoyance comprenait pour l'ensemble de la région de
Diourbel 43 dont les infrastructures existent jusqu'à présent sauf
quelques-unes victimes (…) d'une mascarade de la part de ceux
qui étaient chargés de la liquidation de l'Oncad. (…) La planification
qui a été mise en place par le président Mamadou Dia (plan Lebret)
n'était pas mauvaise malgré l'échec constaté au niveau de toutes
les réformes appliquées dans le monde rural parce que tout simplement
ce projet est mort dans l'œuf avec le regrettable coup d'Etat.
(…) L'alternance (…) ne doit pas bomber la poitrine
car comme tout le monde ou une bonne partie des populations du monde
rural est mécontente, le manque de semences prouve si besoin est
que les résultats ne sont pas les meilleurs. (…) Mais le monde
rural doit se prendre en charge et sortir de son silence habituel
pour s'organiser comme toutes les professions nationales. Dans ce
pays, qui est un pays de ténor, le silence tue. Il y a trop d'organisations.
Sauf les paysans du monde rural. Tous les projets annoncés pour
réduire la pauvreté ne seront viables que si la base a le dernier
mot. Comme disait l'autre «ce que vous faites sans moi, vous
le faites contre moi». Une organisation quelle qu'elle soit
doit être connue et acceptée par la base, laquelle doit influer
sur le sommet et non l'inverse qui est une pratique actuelle depuis
l'indépendance. (…) Ex-Sénateur de Diourbel Coordinateur régional
des Centres de groupages de l'Oncad. Par : Oumar Bayo FALL
>>>> Le gang
des hypnotiseurs sévit à Dakar
Un gang à la main magique sévit à
Dakar. Ils viennent, vous saluent, vous demandent votre argent,
votre portable ou vos bijoux. Vous vous exécutez et, tel un somnambule,
vous rentrez tranquillement chez vous. Et c'est une fois arrivé
à domicile que vous vous rendez compte du désastre. La mésaventure
est arrivée à plusieurs personnes qui ont saisi la police. Et dans
les commissariats comme à Dieuppeul, les plaintes commencent à s'accumuler.
Ils sont trois. "Deux vieux avec les cheveux blancs et un jeune
homme qui porte une casquette". Ces trois individus activement
recherchés par toutes les polices de Dakar, utilisent ce qu'on a
appelé l'hypnose pour escroquer les passants. Une fois leur pigeon
localisé, ces trois malfrats viennent devant lui, le saluent tranquillement
et lui demandent de leur remettre ce qu'il a par-devers lui, que
cela soit de l'argent, un portable ou des bijoux. Et leur victime,
sans même comprendre pourquoi, leur remet "volontairement"
ce qu'ils lui demandent... tout en se fendant en remerciements !
Selon des informations recueillies à la police, "la plupart
des victimes ne remarquent qu'on les a escroquées qu'une ou deux
heures après les faits. Et une fois qu'elles ont repris leurs esprits,
elles se rappellent de toute la scène et même du visage des escrocs".
Mieux, précisent nos sources, "la plupart des victimes qui
ont porté plainte au commissariat de Dieuppeul reconnaissent que,
pour ce qui est de ce secteur, les escrocs sont au nombre de trois
et qu'ils exercent au terminus de Liberté V près des locaux de l'agence
de la Société générale de banques du Sénégal (Sgbs) où ils
attendent patiemment que les gens touchent leurs salaires ou leurs
envois par Western Union, pour leur demander tranquillement de le
leur remettre". D'ailleurs, ce secteur est surnommé "jatcounda"
par les policiers de Dieuppeul. Même si nous n'avons pas pu recueillir
des témoignages de victimes, nos sources policières affirment "qu'elles
sont de plus en plus nombreuses". En tout cas, les victimes
qui ont eu à raconter aux policiers "leur aventure incroyable
et absurde" soutiennent que "le jeune" qui accompagne
"les deux vieux" a un accent d'étranger. La persistance
de cette escroquerie par hypnose peut, à la longue, être à l'origine
d'une hystérie sociale comme ce fut le cas avec ceux qu'on avait
surnommés "les voleurs de sexe". En tout cas, la police
doit vite se mobiliser pour mettre un terme à leurs méfaits, car
"les trois individus" sont en train de faire des ravages
à Dakar. S'ils sont seulement trois, évidemment... Par : Cheikh
Mbacké GUISSE. Le Soleil.
>>>> Que des
605 break et des limousines pour les taxis-brousse
Article 1
Depuis l'entrée en vigueur du décret 2001-72 du 26
janvier 2001 limitant à 5 ans l'âge des véhicules usagés importés,
les importateurs multiplient les démarches pour se faire entendre
des autorités. Ils ne sollicitent pas d'elles qu'elles reviennent
sur la mesure, mais seulement qu'elles accordent un délai pour ceux
d'entre eux qui avaient passé commande auprès de leurs fournisseurs
bien avant le 14 juillet dernier. Les importateurs de véhicules
automobiles usagés ont été pris au dépourvu par l'entrée en vigueur,
depuis le 14 juillet dernier, du décret 2001-72 du 26 janvier 2001.
La note de service du directeur général des Douanes, signée le 14
juillet dernier, porte à la connaissance des différents directeurs
des services douaniers l'interdiction dans le territoire douanier
de toutes mises à la consommation de véhicules dont l'âge est supérieur
à cinq ans. Mais elle a provoqué l'ire des importateurs qui estiment
que la mesure doit être revue. "Certains importateurs avaient
déjà passé des commandes auprès de leurs fournisseurs établis en
Europe, et ils risquent de se trouver confrontés à des problème
financiers, d'autant plus que les voitures dont l'âge est supérieur
à cinq ans sont interdites d'entrée dans le territoire douanier.
Ce qui va engendrer un énorme manque à gagner pour nos camarades
qui ont déjà des véhicules dans les différents ports européens",
soutient Ibrahima Seck, importateur établi en face de la Banque
de l'habitat du Sénégal (Bhs). Pour cet importateur, les autorités
doivent accorder un délai de grâce afin de permettre à ceux qui
ont des commandes d'acheminer leurs marchandises au Sénégal et de
respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs. "Nous
donnons des avances à nos clients européens qui ont confiance en
nous et nous accordent des délais de paiement. Cette mesure peut
tout chambouler en ce sens qu'elle ne prend pas en considération
les véhicules déjà achetés en Europe et prêts à être embarqués",
souligne Ibrahima Seck. Selon lui, l'application de la note de service
du Dg des Douanes aura un impact sur le consommateur sénégalais.
"Le pouvoir d'achat des Sénégalais est tel qu'acheter un véhicule
dont l'âge est inférieur ou égal à cinq ans n'est pas à la portée
de tout le monde. Beaucoup de véhicules que nous avions dans notre
parc et dont l'âge est de cinq ans sont restés plus d'un an sans
trouver acquéreur. Certaines marques se vendent à plus de 10 millions
de francs Cfa", souligne Ibrahima Seck. A titre d'exemple,
illustre-t-il, une Mercedes de classe C mise en circulation en 1994
est vendue à 8 millions de francs Cfa. La C220 fabriquée en 1997
est cédée à 12 millions. Si ces catégories de véhicules sont âgées
de 5 ans, elles sont vendues à 20 millions de francs Cfa. "Cette
306, toutes options, montre-t-il du doigt, qui est en fin de série,
mise en circulation en 1996, est cédée à 4 millions de francs. Un
véhicule âgé de moins de cinq ans coûte donc plus cher",
explique Ibrahima Seck. Son collègue, Khalifa Samb, abonde dans
le même sens. "Que les autorités nous accordent un délai transitoire.
Voilà tout ce que nous voulons, résume l'importateur du parc de
la Bhs. Nous avons même introduit des demandes d'audience auprès
des autorités compétentes pour discuter avec elles de l'application
du décret", fait-il savoir. Selon Pape Mbaye, importateur ayant
pignon sur la rue 25 x boulevard Général De Gaulle, par ailleurs
secrétaire général du Syndicat national des transports routiers,
un délai de grâce est plus que nécessaire. "Nous avons les
mêmes préoccupations par rapport à l'application du décret 2001-72.
Si les autorités ne peuvent pas augmenter la moyenne d'âge des véhicules
importés, qu'elles nous accordent alors un délai transitoire",
martèle M. Mbaye. Quand bien même Babacar Gassama du parc de Liberté
6 partage l'avis que ses collègues, il n'en demeure pas moins qu'il
est pour une limitation des véhicules importés. "Voilà des
années que j'exerce dans l'importation de véhicules, mais nous devons
nous dire la vérité. Le marché est aujourd'hui saturé du fait de
l'importation tous azimuts", soutient-il. Pour étayer ses propos,
l'importateur prend l'exemple du port de Dakar. "Le port est
transformé en un véritable parc où les opérateurs étrangers
font la pluie et le beau temps. Ils se contentent de vendre leurs
marchandises sous douane pour prendre ensuite l'avion et revenir
quelques jours après. Tous ces véhicules dans le port ne peuvent
pas circuler à Dakar. Leur volume est égal à la population de la
capitale. Tout cela mérite donc des mesures draconiennes",
indique Babacar Gassama. A l'en croire, ce ne sont pas les véhicules
importés qui contribuent à la pollution de l'environnement, comme
le laissent croire certains personnes qui se réfugient derrière
le nouveau Code de l'environnement. "Aucun importateur ne va
en Europe avec plus de 35 millions de francs Cfa pour acheter des
véhicules polluants. Ce sont les "cars rapides", ndiaga
ndiaye et "clandos" qui en sont à l'origine", dit-il.
Autre problème qui préoccupe les importateurs, celui lié à la mutation
des véhicules. "Les responsables du Service des mines n'acceptent
pas que nous leur présentons des certificats de perte pour muter
nos véhicules importés. Alors que nous achetons en Europe ces véhicules
avec les certificats de perte et les dédouanons ici avec ces mêmes
pièces que le Service des mines récuse. Voilà un autre problème
auquel nous aimerions que les autorités apportent des solutions",
relève Khalifa Samb, importateur établi en face de la Bhs. Pour
mieux s'organiser et défendre leurs intérêts, les importateurs et
vendeurs de véhicules automobiles usagés et de pièces détachées
organisent le jeudi 7 août prochain une assemblée générale
dans les locaux de la commune d'arrondissement de la Médina.
Article N°2 :
Affolement sur le marché des "venant" :
L'application du décret 2001-72 rendue effective par la note de
service du directeur général des Douanes inquiète les consignataires,
manutentionnaires, transitaires et... douaniers regroupés au sein
de la Communauté des acteurs portuaires (Cap).
Dans sa correspondance en date du 24 juillet dernier adressée au
Dg des Douanes, la Cap qui accuse réception de la note de ce dernier
attire cependant l'attention de M. Boubacar Camara sur les difficultés
d'application de telles dispositions qui risquent de porter préjudice
à tous les importateurs et consommateurs. "En effet, explique
la Cap, la formulation de ce décret ne nous semble pas claire et
les âges limites requis pour la mise en consommation très bas compte
tenu du pouvoir d'achat des Sénégalais et compte tenu des voitures
déjà en circulation". Les dispositions du décret 2001-72 relatif
à la réglementation de l'importation des véhicules automobiles usagés
interdit, depuis le 14 juillet dernier, dans le territoire douanier,
toutes les mises en consommation de véhicules de tourisme dont l'âge
est supérieur à cinq ans (voir Walf du vendredi 25 juillet dernier).
La décision ne vise pas les véhicules se trouvant avant le 14 juillet
dernier dans le territoire douanier. "Conformément aux dispositions
de l'article 9 du Code des douanes, bénéficient de la clause transitoire
les véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés importés que l'on justifie
avoir été expédiés directement à destination du territoire douanier
avant la date d'application de la présente note de service",
rappelle le patron de la douane sénégalaise.
Cependant, la Communauté des acteurs portuaires n'est pas enchantée
par de telles dispositions dont la date d'application "ne tient
pas compte de la réalité du transport maritime ni du projet de décret
abrogeant et remplaçant le décret 2001-72 du 26 janvier 2001".
Les manutentionnaires, transitaires, consignataires et transporteurs
maritimes estiment que l'Administration douanière doit attendre
l'entrée en vigueur du nouveau décret en cours d'élaboration. Mieux,
les acteurs portuaires prient le Dg des Douanes de différer pour
au moins trois mois sa note circulaire signée le 14 juillet dernier.
Selon un transporteur maritime qui a préféré garder l'anonymat,
les navires qui sont déjà en mer ne peuvent pas retourner à leurs
ports d'attache avec leurs containers de véhicules. "Avant
la signature de la note de service du Dg des Douanes, des navires
étaient déjà chargés et des importateurs avaient aussi fini de remplir
leurs formalités portuaires en Europe. Ce qui fait que les dispositions
du décret vont causer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront.
D'autant plus que les importateurs ont déjà payé tous les frais
liés au transport de leurs marchandises", souligne-t-il. Les
autorités, suggère le transporteur maritime, doivent faire comme
tous les pays de l'Afrique de l'Ouest. "A savoir relever l'âge
limite des véhicules importés entre 8 et 10 ans, instaurer une surtaxe
pour les véhicules de plus de 10 ans, mettre sur pied une visite
technique d'aptitude digne du nom. Il faut souligner que tous les
véhicules importés ont leur visite technique en Europe. Alors que
des véhicules en circulation à Dakar complètement amortis sont aptes
à la visite technique. Ce qui ne manque pas de poser problème au
niveau de la mobilité urbaine et de la préservation de l'environnement.
Il faut donc un renouvellement en interne du parc automobile, y
compris les véhicules dits particuliers", propose-t-il. Le
secrétaire général de l'Union nationale des commerçants et
industriels du Sénégal pour le développement économique et financier
(Unacois-Def) est d'avis que des mesures d'accompagnement doivent
être prises par les autorités compétentes. "Un véhicule âgé
de cinq ans en Europe est un véhicule neuf. Les Sénégalais ont besoin
de véhicules pour assurer leur déplacement. Je ne dis pas qu'il
ne fallait pas mettre en application le décret 2001-72, mais il
fallait accorder un délai aux importateurs pour leur permettre de
dédouaner leurs véhicules qui sont en mer. En plus, l'Etat doit
procéder au renouvellement de tout le parc automobile", indique
Ibrahima Lô. Il n'appartiendra pas au patron des Douanes d'accorder
un délai de grâce aux importateurs. "En principe, c'est le
ministre du Commerce qui doit accorder des dérogations comme nous
sommes dans le cas d'une restriction du commerce. Le Dg des Douanes
ne fait qu'appliquer les droits de douane et la décision de restriction
de telle ou telle autre marchandise importée. La note de service
du Dg est fidèle au décret 2001-72, mais il appartient au ministre
du Commerce d'accorder des délais", souligne un cadre de l'Administration
douanière. Ce fonctionnaire des douanes reconnaît que limiter
l'âge des véhicules importés à 5 ans est dur pour les consommateurs.
"Même les jeunes douaniers qui veulent acquérir un véhicule
seront touchés par la mesure. Nous sommes donc tous concernés ",
relève-t-il. |