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Pionnier d'une version originale, typiquement
sénégalaise, de l'afro-jazz, Xalam est resté longtemps
mal compris dans sa ville de Dakar. Le groupe a pourtant
suscité l'intérêt de certains grands du jazz : Dizzie
Gillespie, Sonny Rollins, Kenny Clarke... Réalisé fin
1985, ce disque est l'aboutissement de dix ans d'expériences
de mélanges entre éléments de musiques électriques,
traditionnelles et jazz. La démarche du collectif de
musiciens animé par le batteur Abdoulaye Prosper Niang
a atteint sa pleine maturité après cinq années de tournées
en Europe et de travail studio à Paris. Les percussions
traditionnelles, clou des concerts de Xalam, sont intelligemment
intégrées dans l'articulation de l'album. Parties chantées
et improvisations de trombone sont judicieusement amenées.
Ce disque reflète bien l'harmonie qui unit les neuf
musiciens et leurs invités (le guitariste Luther Allison,
les saxophonistes Richard Raux et Talib Kibwe, le claviers
Jean-Philippe Rykiel). C'est un peu le chant du cygne
de Prosper, qui meurt prématurément après la sortie
du disque.

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